Sommaire
- 1 Introduction
- 2 Quel est le cadre juridique de l’étiquetage, de l’emballage et du tri ?
- 3 Quand les principales mesures entrent-elles en vigueur ?
- 4 Quelles sont les obligations pour les emballages alimentaires et non alimentaires ?
- 5 Pourquoi le tri et le recyclage sont-ils au cœur des nouvelles règles ?
- 6 Quel impact pour les marques et les allégations environnementales ?
- 7 Conclusion
- 8 FAQ
Introduction
La réglementation française et européenne en matière d’étiquetage, d’emballage et de tri connaît une transformation majeure avec l’entrée en vigueur du règlement (UE) 2025/40, également connu sous l’acronyme PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation). Publié le 22 janvier 2025, ce texte remplace la directive 94/62/CE et impose un cadre harmonisé et contraignant pour tous les emballages mis sur le marché européen, avec des objectifs clairs de réduction des déchets et de promotion de l’économie circulaire.
Il s’agit d’un tournant juridique structurant, mobilisant non seulement le droit de l’environnement, mais aussi le droit de la consommation et le droit des marques, tant pour les emballages alimentaires que non alimentaires. Chaque entreprise doit désormais intégrer ces obligations dans sa stratégie de conformité et de gouvernance juridique.
Quel est le cadre juridique de l’étiquetage, de l’emballage et du tri ?
Un socle européen directement applicable et renforcé
Le règlement (UE) 2025/40, adopté le 19 décembre 2024 et publié le 22 janvier 2025, constitue désormais le texte de référence européen en matière d’emballages et de déchets d’emballages. Il remplace la directive 94/62/CE et instaure des règles contraignantes sur la conception, la durabilité, la recyclabilité, l’étiquetage et la gestion des déchets d’emballages pour tous les États membres.
Cette harmonisation vise à :
- Réduire les déchets d’emballages,
- Promouvoir la réutilisation et le recyclage,
- Favoriser l’économie circulaire sur l’ensemble du marché intérieur.
Au plan interne, ces dispositions s’articulent avec le cadre réglementaire français existant notamment la loi AGEC, qui impose dès aujourd’hui des obligations en matière de réduction et de recyclage des emballages.
Quand les principales mesures entrent-elles en vigueur ?
Un calendrier progressif et juridiquement engageant
Le PPWR est entré en vigueur au 22 janvier 2025. Ses principales échéances sont structurées comme suit :
- 12 août 2026 : application obligatoire des nouvelles règles de conception, d’étiquetage harmonisé et d’information du consommateur pour les entreprises et États membres.
- 2028 : introduction de l’obligation minimale de contenu recyclé dans certaines catégories d’emballages plastiques, par exemple au moins 30 % de plastique recyclé dans les emballages PET.
- 2030 : objectifs plus ambitieux de réemploi et de recyclage à respecter
- 2035 : extension des obligations de recyclage à d’autres types d’emballages, avec un objectif de recyclabilité à grande échelle.
Quelles sont les obligations pour les emballages alimentaires et non alimentaires ?
Enjeux pour les emballages alimentaires
Les emballages alimentaires cumulent les contraintes environnementales avec les exigences sanitaires.
Ils doivent garantir la sécurité du produit, sans induire le consommateur en erreur sur la nature, la composition ou la conservation.
Dès 2026, de nouvelles règles s’appliquent et viennent renforcer :
- La lisibilité des consignes de tri,
- La cohérence entre l’emballage et le message environnemental,
- La traçabilité des matériaux utilisés.
Contraintes pour les emballages non alimentaires
Pour les produits non alimentaires (cosmétiques, produits ménagers, électroniques, textiles, etc.), les obligations s’étendent également dès 2026 aux nouvelles normes de conception et d’étiquetage. Les entreprises devront anticiper les exigences de réemploi et de réduction des emballages inutiles dans leur design produit, en s’appuyant sur des données techniques et des preuves documentées de conformité.
Pourquoi le tri et le recyclage sont-ils au cœur des nouvelles règles ?
Une complexité persistante pour le consommateur
Malgré la généralisation du logo Triman en France, les études démontrent une mauvaise compréhension des consignes de tri.
Le règlement européen impose désormais une hiérarchisation claire des informations, associée à des pictogrammes normalisés.
Les entreprises doivent expliquer :
- ce qui se recycle,
- comment démonter l’emballage le cas échéant,
- ce qui ne doit pas être jeté dans le bac de tri.
Le rôle central du mode d’emploi environnemental
Le mode d’emploi ne concernera plus uniquement l’utilisation du produit, mais aussi sa fin de vie.
Cette obligation constitue un prolongement direct du devoir d’information prévu par le droit de la consommation.
Quel impact pour les marques et les allégations environnementales ?
Le PPWR a un impact direct sur l’usage des allégations environnementales sur les emballages. À partir de 2026, les mentions telles que « recyclable », « éco-responsable », « biodégradable » ne pourront être utilisées que si elles reposent sur des critères objectifs et vérifiables. Le nouveau cadre réglementaire impose une cohérence absolue entre le message de marque et la réalité technique de l’emballage.
L’absence de justification technique de ces allégations pourra être assimilée à une pratique commerciale trompeuse, engageant la responsabilité de l’entreprise, indépendamment de sa qualité de marque. À partir de 2028, ces contrôles devraient s’intensifier, notamment dans le cadre de la surveillance du marché et de la conformité des produits.
Pour en savoir plus concernant les marques vertes et le greenwashing, nous vous invitons à consulter notre article précédemment publié.
Conclusion
La réglementation française et européenne sur l’étiquetage, l’emballage et le tri constitue aujourd’hui un cadre juridique structurant, avec des obligations progressivement applicables entre 2026 et 2035, visant à renforcer la recyclabilité, réduire les déchets et harmoniser les pratiques à l’échelle du marché intérieur.
L’intégration de ces contraintes dans la stratégie juridique et opérationnelle des entreprises est indispensable pour garantir la conformité et éviter des risques juridiques significatifs.
Le cabinet Dreyfus et Associés accompagne ses clients dans la gestion de dossiers de propriété intellectuelle complexes, en proposant des conseils personnalisés et un soutien opérationnel complet pour la protection intégrale de la propriété intellectuelle.
Nathalie Dreyfus avec l’aide de toute l’équipe du cabinet Dreyfus
FAQ
1. Comment anticiper les évolutions réglementaires ?
Pour anticiper ces évolutions et minimiser les risques juridiques, il est recommandé de :
- Réaliser des audits d’emballage intégrant les nouvelles obligations européennes ;
- Documenter les preuves de recyclabilité et de contenu recyclé ;
- Harmoniser les mentions environnementales avec des données techniques certifiées ;
- Associer les juristes, équipes RSE et marketing dès la phase de conception des produits.
2. Quelles sanctions en cas de non-conformité ?
Sanctions administratives, actions en concurrence déloyale, contentieux consommateurs et atteinte à l’image de marque.
3. Le logo Triman reste-t-il obligatoire ?
Le logo Triman reste obligatoire en France, mais il devra progressivement s’articuler avec les pictogrammes européens harmonisés prévus par le PPWR. À moyen terme, les entreprises devront gérer une coexistence des systèmes, ce qui nécessite une vigilance particulière en matière de lisibilité et de hiérarchisation de l’information.
4. Le règlement impose-t-il une refonte complète des packagings existants ?
Pas systématiquement, mais dans de nombreux cas, une adaptation sera inévitable, notamment pour:
- les emballages non recyclables par conception,
- ceux utilisant des matériaux composites complexes,
- ou ceux comportant des messages environnementaux non conformes.
5. Pourquoi anticiper dès maintenant des obligations dont certaines ne s’appliquent qu’en 2028 ou 2030 ?
Parce que les décisions actuelles en matière de design, de contrats fournisseurs et de stratégie de marque engagent l’entreprise sur plusieurs années. Anticiper permet de sécuriser juridiquement les investissements, d’éviter des coûts de refonte précipités et de transformer la conformité réglementaire en avantage concurrentiel maîtrisé.
Cette publication a pour objet de fournir des orientations générales au public et de mettre en lumière certaines problématiques. Elle n’a pas vocation à s’appliquer à des situations particulières ni à constituer un conseil juridique.

