Propriété intellectuelle

Cybersécurité et propriété intellectuelle : protéger vos actifs numériques face aux menaces croissantes

En 2024, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a traité 4 386 événements de sécurité, soit une hausse de 15 % par rapport à 2023, et confirmé 1 361 attaques malveillantes réussies. Parallèlement, la CNIL a reçu 5 629 notifications de violations de données, en augmentation de 20 %. Ces chiffres révèlent une réalité que les titulaires de droits de propriété intellectuelle ne peuvent plus ignorer : les cybermenaces ciblent directement les actifs immatériels des entreprises.

Le cabinet Dreyfus, expert en propriété intellectuelle et industrielle, intègre la dimension cybersécurité dans chacune de ses prestations de conseil et d’accompagnement. Nathalie Dreyfus, experte judiciaire agréée près la Cour de cassation (spécialité Marques) et près la Cour d’appel de Paris (spécialité Marques et Dessins et Modèles), met cette expertise au service d’une approche juridique adaptée aux réalités du cyberespace.

Cet article analyse les principales cybermenaces pesant sur les actifs de propriété intellectuelle, le cadre juridique applicable et les solutions concrètes pour protéger vos marques et données sensibles.

  • Protection contre le phishing, l’usurpation de marque et le vol de secrets d’affaires
  • Conformité avec les obligations réglementaires : NIS2, RGPD, AI Act
  • Défense contre la contrefaçon numérique sur les marketplaces et les réseaux sociaux
  • Anticipation des menaces émergentes liées à l’IA générative et aux deepfakes
  • Accompagnement juridique complet, de la prévention à l’action contentieuse, par une experte judiciaire agréée

Les cybermenaces qui ciblent la propriété intellectuelle

Le phishing et l’usurpation d’identité de marque

Le phishing constitue l’une des menaces les plus répandues et les plus dommageables pour les titulaires de marques. Des acteurs malveillants enregistrent des noms de domaine imitant des marques connues pour créer des sites frauduleux destinés à collecter des données personnelles ou bancaires. , dont une part croissante impliquée dans des schémas de phishing. La surveillance des noms de domaine permet de détecter ces tentatives en amont et d’agir avant que les dommages ne se concrétisent.

Le vol de secrets d’affaires et de données sensibles

Les intrusions informatiques ciblent fréquemment les informations confidentielles liées à la propriété intellectuelle : formules, procédés de fabrication, stratégies de dépôt de brevets, fichiers clients. L’ANSSI a documenté 144 cas de compromission par rançongiciel en 2024, impliquant 39 souches différentes (LockBit 3.0, RansomHub, Akira en tête). La protection des données personnelles et le respect du RGPD font partie intégrante de toute stratégie de cybersécurité.

La contrefaçon numérique et les marketplaces

Les plateformes de commerce en ligne facilitent la diffusion de produits contrefaits à une échelle mondiale. Le estime le commerce mondial de contrefaçons à 467 milliards de dollars, soit 2,3 % des importations mondiales et jusqu’à 4,7 % des importations de l’Union européenne. L’industrie française de la cosmétique à elle seule subit 800 millions d’euros de pertes annuelles. La protection des marques en ligne nécessite une veille active et des actions rapides de retrait de contenu sur ces plateformes.

Les menaces émergentes : IA générative et deepfakes

L’essor de l’intelligence artificielle générative ajoute une couche de complexité supplémentaire. Les technologies de deepfake permettent de reproduire des logos, des emballages et des identités visuelles avec un réalisme inédit, facilitant la création de faux sites et de fausses publicités. Les systèmes d’IA peuvent également générer automatiquement des milliers de variations de noms de domaine ciblant une marque, rendant la surveillance manuelle totalement insuffisante. Selon l’, 35 % des attaques par ingénierie sociale en Europe utilisent désormais des contenus générés par IA pour renforcer leur crédibilité.

Le cadre juridique : articuler cybersécurité et droit de la propriété intellectuelle

La cybersécurité en matière de propriété intellectuelle s’appuie sur un cadre réglementaire européen en évolution rapide. La , transposée en droit français, renforce les obligations de sécurité des entreprises et élargit le périmètre des entités concernées. Le RGPD encadre le traitement des données personnelles, tandis que introduit de nouvelles exigences. Le cabinet Dreyfus maîtrise l’ensemble de ces réglementations dans le cadre de son expertise en compliance.

En matière de blockchain et de Web 3.0, de nouvelles problématiques émergent autour de la protection des actifs numériques décentralisés. Les NFT, les smart contracts et les organisations autonomes décentralisées (DAO) soulèvent des questions inédites en termes de titularité et de contrefaçon. Le cabinet a développé une expertise dédiée en protection des actifs dans le Web 3.0, couvrant le droit des NFT, la blockchain et la conformité associée.

Une approche intégrée : les services du cabinet Dreyfus

Face à la convergence entre propriété intellectuelle et cybersécurité, le cabinet Dreyfus déploie une approche transversale couvrant l’ensemble du cycle de vie des actifs immatériels, de la prévention à la réparation.

En amont, les recherches d’antériorité vérifient la disponibilité d’un signe avant tout dépôt, limitant les risques de conflit ultérieur. Le dépôt et le renouvellement de marques et de dessins et modèles s’accompagnent d’une réflexion sur la stratégie de nommage numérique et la protection des variantes sensibles.

La gestion active du portefeuille passe par une surveillance continue des noms de domaine, des registres de marques et des espaces numériques (réseaux sociaux, app stores, marketplaces). En cas d’atteinte détectée, le cabinet met en œuvre les procédures adaptées : mises en demeure, procédures UDRP, notifications aux hébergeurs ou actions judiciaires.

Pour les situations contentieuses, l’expertise en contrefaçon et en concurrence déloyale permet de défendre efficacement les droits des entreprises devant les juridictions compétentes. L’expérience du cabinet dans la conduite d’oppositions de marques françaises et européennes complète ce dispositif.

Une collaboration stratégique avec les avocats en droit des affaires

Les enjeux de cybersécurité et de propriété intellectuelle se situent au carrefour de plusieurs spécialités juridiques. Les avocats en droit des affaires, confrontés à des dossiers impliquant des dimensions de PI numérique, trouvent dans le cabinet Dreyfus un partenaire naturel dont l’expertise complète la leur.

Que ce soit pour sécuriser une opération de M&A impliquant des actifs numériques sensibles, accompagner un client victime d’une cyberattaque ciblant ses marques, structurer une stratégie de protection à l’international, ou évaluer l’impact d’une violation de données sur un portefeuille de PI, le réseau d’avocats spécialisés du cabinet offre un cadre de coopération adapté à chaque situation.

La qualité d’experte judiciaire reconnue par la Cour de cassation et la Cour d’appel de Paris confère au cabinet une crédibilité particulière dans les dossiers nécessitant une expertise technique devant les juridictions. Cette double légitimité, juridique et technique, est un avantage décisif pour les avocats d’affaires qui cherchent un appui solide sur les questions de PI numérique.


Conclusion

La convergence entre cybersécurité et propriété intellectuelle n’est plus une tendance, c’est une réalité quotidienne. Les entreprises qui négligent cette articulation s’exposent à des pertes financières, une atteinte à leur réputation et des sanctions réglementaires croissantes.

Le cabinet Dreyfus & Associés offre une réponse intégrée à ces défis, en combinant expertise juridique en propriété intellectuelle et maîtrise des enjeux de cybersécurité. Contactez-nous pour sécuriser vos actifs numériques face aux menaces actuelles et futures.


Questions fréquentes (FAQ)

Quel est le lien entre cybersécurité et propriété intellectuelle ?

La cybersécurité protège l’infrastructure numérique qui héberge et exploite les actifs de propriété intellectuelle. Une faille de sécurité peut entraîner le vol de secrets d’affaires, l’usurpation de marques, la diffusion de produits contrefaits ou la compromission de données clients liées à des licences. Les deux disciplines sont complémentaires et doivent être traitées conjointement.

Quelles actions mettre en place pour lutter contre les abus de noms de domaine et le phishing visant une marque ?La première étape est la surveillance des noms de domaine pour détecter les enregistrements frauduleux. Ensuite, des actions rapides sont nécessaires : mise en demeure, procédure UDRP, signalement aux hébergeurs et aux registrars. La mise en place de protocoles d’authentification e-mail (SPF, DKIM, DMARC) renforce également la protection en empêchant l’usurpation de votre domaine pour l’envoi de courriels frauduleux.

Le RGPD complique-t-il l’identification des titulaires de noms de domaine abusifs ?

Oui. Le RGPD a considérablement réduit l’accès aux données WHOIS des noms de domaine, compliquant l’identification des titulaires de noms de domaine abusifs. Des mécanismes spécifiques, comme le RDAP (Registration Data Access Protocol) ou les procédures de disclosure auprès des registrars, permettent néanmoins d’obtenir ces informations dans le cadre de la défense de droits de propriété intellectuelle.

Que prévoit la directive NIS2 pour les entreprises françaises ?

La directive NIS2 élargit le périmètre des entités soumises à des obligations de cybersécurité renforcées. Elle impose notamment une alerte précoce  des incidents dans un délai de 24 heures, la mise en place de mesures de gestion des risques et la responsabilité des dirigeants. Pour les entreprises détenant des actifs de PI critiques, ces obligations constituent un cadre structurant qui rejoint les bonnes pratiques de protection de la propriété intellectuelle.

Pourquoi un avocat d’affaires devrait-il collaborer avec un spécialiste PI sur les enjeux cyber ?

Les dossiers impliquant des cyberattaques sur des actifs de PI nécessitent une double expertise : le droit des affaires pour la gestion des risques contractuels, la conformité réglementaire et les implications corporate, et le droit de la PI pour l’identification, la protection et la défense des droits. Cette collaboration garantit un traitement complet de chaque situation et évite les angles morts juridiques qui pourraient coûter cher.

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Propriété intellectuelle et jeux vidéo : le guide complet pour protéger votre studio

Pourquoi la PI est un enjeu vital pour les studios de jeux vidéo

Le marché mondial du jeu vidéo dépasse aujourd’hui les 200 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel. Cette richesse repose en grande partie sur des actifs immatériels : personnages, code, musique, univers narratifs, noms de studios et de franchises. Ce sont ces actifs que la propriété intellectuelle (PI) protège.

Pourtant, les erreurs de gestion de la PI restent fréquentes dans le secteur, en particulier dans les studios indépendants : absence de contrats écrits avec les freelances, nom de jeu déjà utilisé, designs révélés trop tôt… Ces erreurs peuvent bloquer un lancement, coûter des années de procédures judiciaires ou forcer un changement de nom en plein déploiement marketing.

Ce guide présente les quatre piliers de la PI appliqués au jeu vidéo : le droit d’auteur, les marques, les dessins et modèles, et les contrats. Il illustre chaque thème par des affaires réelles vérifiées et des citations de jurisprudence, et se termine par une FAQ répondant aux questions les plus fréquentes du secteur.

1. Le droit d’auteur : votre première ligne de défense

Ce que couvre le droit d’auteur dans un jeu vidéo

Un jeu vidéo est une œuvre multimédia complexe. La Cour de cassation l’a consacré définitivement avec l’arrêt Cryo du 25 juin 2009 (n°07-20.387) : un jeu ne peut être réduit à un simple logiciel. Chacun de ses composants est protégé selon le régime qui lui correspond :

  • Le code source et le moteur de jeu : assimilés à des logiciels, relevant du droit d’auteur
  • Les visuels, graphismes et illustrations : œuvres artistiques relevant du droit d’auteur
  • La musique, les bruitages et les voix : œuvres musicales et interprétations relevant du droit d’auteur et des droits voisins
  • Le scénario et les dialogues : œuvres littéraires relevant du droit d’auteur
  • Les personnages et environnements : protégeables dès lors qu’ils présentent une originalité suffisante par leur droit d’auteur
  • La base de données : protégée par le droit sui generis des bases de données si elle résulte d’un investissement substantiel

La condition centrale est l’originalité : l’œuvre doit porter l’empreinte de la personnalité de son auteur, refléter des choix créatifs libres. La qualité artistique n’est pas un critère : un jeu mobile visuellement simple peut être protégé au même titre qu’un AAA.

Protection automatique, mais titularité non automatique

En France et dans l’Union européenne, le droit d’auteur naît automatiquement dès la création de l’œuvre. Aucun dépôt n’est obligatoire. Mais l’automaticité de la protection ne signifie pas automaticité de la titularité  et c’est là que se trouvent les pièges les plus coûteux.

Pour les salariés : lorsqu’un salariécrée un logiciel dans le cadre de ses fonctions, les droits patrimoniaux sont automatiquement dévolus à l’employeur (article L113-9 du CPI). En revanche, cette règle ne s’applique pas aux autres composantes du jeu (graphismes, musiques, scénario) : pour ces éléments, le studio doit obtenir une cession des droits expresse puisqu’ils relèvent de la protection du droit d’auteur.

Pour les prestataires externes et freelances : par défaut, ils conservent leurs droits d’auteur sur les créations qu’ils livrent, sauf cession écrite formelle. Sans clause de cession dans le contrat, un studio peut ne pas être propriétaire des graphismes, musiques ou code qu’il a commandés et payés.

À retenir : Sans titularité claire sur l’ensemble des actifs du jeu, un studio ne peut ni l’exploiter commercialement, ni accorder de licences, ni agir en justice contre des contrefacteurs. Un contrat manquant peut mettre en péril l’intégralité d’un projet.

Faut-il tout de même déposer ?

Même si le dépôt n’est pas obligatoire, certains systèmes d’enregistrement offrent des avantages pratiques. En France, l’APP (Agence pour la Protection des Programmes) permet d’enregistrer les créations multimédia et logicielles, créant une preuve de date opposable en cas de litige. Il est également possible de déposer auprès de l’INPI, une enveloppe e-Soleau. C’est une enveloppe probatoire électronique qui donne preuve de date certaine. Aux États-Unis, l’enregistrement du copyright offre des avantages procéduraux significatifs : dommages-intérêts statutaires, facilitation des retraits sur les plateformes en ligne. En Chine, l’enregistrement n’est pas obligatoire non plus, mais il facilite la preuve de la date de création et certaines démarches administratives.


🔍 Cas jurisprudentiel n°1 — Raynal c. Atari : quand un créateur réclame ses droits sur Alone in the Dark

Contexte : Frédéric Raynal, développeur français et créateur du jeu Alone in the Dark, a mené une bataille judiciaire contre Atari concernant la titularité et l’exploitation de son œuvre. Le Tribunal de grande instance de Lyon (3e chambre, 8 septembre 2016) a reconnu le jeu comme une œuvre de collaboration, et non une œuvre collective, ouvrant droit à chaque co-auteur à la protection individuelle de sa contribution.

Ce que ça change : Dans une œuvre collective, la personne morale (l’éditeur, le studio) est réputée titulaire de tous les droits. Dans une œuvre de collaboration, chaque auteur conserve des droits sur sa contribution. Cette distinction est fondamentale pour les studios qui emploient des créateurs dont les apports sont identifiables.

La leçon pratique : Définissez clairement dans vos contrats si vos productions relèvent du statut d’œuvre collective ou de collaboration. L’absence de clarification contractuelle laisse la porte ouverte à des réclamations des co-auteurs, même des années après la sortie du jeu. Attention néanmoins aux conditions réelles de création de l’œuvre, susceptible d’entrainer une requalification par l’appréciation souveraine du juge.

🔗 Référence : TGI Lyon, 3e ch., 8 sept. 2016, Raynal c. Atari et autres — commenté sur Deleporte Wentz Avocat


🔍 Cas jurisprudentiel n°2 — UFC-Que Choisir c. Valve (Steam) : la revente de jeux dématérialisés définitivement fermée

Contexte : L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a assigné Valve, exploitant de la plateforme Steam, en contestation de plusieurs clauses de ses conditions générales, dont l’interdiction de revendre un jeu dématérialisé acheté.

L’évolution du litige :

  • Tribunal judiciaire de Paris, 17 septembre 2019 : décision initiale favorable à l’UFC (plusieurs clauses jugées abusives)
  • Cour d’appel de Paris, 21 octobre 2022 (n°20/15768) : infirmation — Steam a gain de cause
  • Cour de cassation, 23 octobre 2024 (n°23-13.738) : confirmation définitive

La Cour de cassation a estimé que la théorie de l’épuisement des droits ,applicable aux supports physiques, ne s’étend pas aux jeux dématérialisés. La Cour a considéré qu’un jeu vidéo ne constitue pas seulement un programme informatique, mais une œuvre complexe, mêlant aspects interactifs et narratifs.

La leçon pratique pour les studios : Cette décision confirme que les éditeurs peuvent s’opposer à la revente des jeux dématérialisés.. Pour un studio, cela signifie que vos CGU peuvent légitimement restreindre les droits des utilisateurs sur les licences numériques, à condition que les clauses soient rédigées avec soin.

🔗 Référence : Cass. 1re civ., 23 oct. 2024, n°23-13.738 — commenté sur Leben Avocats


2. Les marques : protéger l’identité de votre studio et de vos jeux

Bien plus qu’un nom

Une marque peut couvrir un nom de jeu, un nom de studio, un logo, un slogan, une icône de personnage ou tout signe distinctif associé à votre identité. Les marques protègent ce qui permet aux joueurs de vous reconnaître et aux investisseurs de valoriser vos actifs.

Le dépôt se fait par classes selon la classification internationale de Nice. Pour un studio, les classes les plus pertinentes incluent généralement :

  • Classe 9 : logiciels de jeux téléchargeables, applications
  • Classe 41 : services de divertissement, organisation de tournois, esport
  • Classe 25 : vêtements et merchandising textile
  • Classe 28 : jeux, jouets, objets de collection
  • Classe 35 : services commerciaux liés à la vente en ligne

Territorialité : la protection s’arrête aux frontières

La protection conférée par une marque enregistrée en France est strictement territoriale. Quelques points critiques :

  • Union européenne : la marque de l’Union européenne (EUIPO) offre une protection unitaire dans les 27 États membres via un dépôt unique.
  • États-Unis : possibilité de déposer sur la base d’une intention d’usage avant le lancement commercial à condition de fournir la preuve d’un usage effectif pour un enregistrement définitif.
  • Chine : système du premier déposant (first-to-file). Si vous ne déposez pas avant un acteur local, celui-ci peut enregistrer votre marque et bloquer votre entrée sur le marché.

Le droit de priorité issu de la Convention de Paris vous donne 6 mois après votre premier dépôt pour étendre la protection à d’autres pays, tout en conservant la date d’antériorité du premier dépôt.

Précautions pratiques

  • Effectuez des recherches de disponibilité avant de rendre votre nom public
  • Réservez les noms de domaine correspondants dès que possible
  • Déposez votre marque avant toute annonce majeure (trailer, salon, campagne Kickstarter)
  • Utilisez le symbole pour signaler une revendication de marque (même sans enregistrement), et ® uniquement dans les pays où l’enregistrement a été obtenu

🔍 Cas jurisprudentiel n°3 — AM General c. Activision : Humvee dans Call of Duty

Contexte : En 2017, AM General (fabricant des véhicules militaires Humvee) a poursuivi Activision Blizzard pour avoir représenté ses véhicules de manière reconnaissable dans Call of Duty, sans autorisation ni redevance.

Décision : Le tribunal de district de New York (mars 2020) a débouté AM General en estimant que l’utilisation de la marque Humvee dans un contexte de fiction artistique était protégée par le premier amendement américain (liberté d’expression artistique), en application du critère Rogers v. Grimaldi de 1989. La représentation ne créait pas de confusion commerciale dans l’esprit du public.

Ce que ça ne signifie pas : Cette protection artistique est propre au droit américain. En droit français, la reproduction d’une marque ou d’un modèle dans un jeu sans autorisation du titulaire reste soumise à autorisation, même si la marque est devenue indissociable d’une activité. Un litige similaire impliquant Ferrari et Grand Theft Auto 4 a été tranché par la Cour d’appel de Paris (21 septembre 2012), qui a rejeté les demandes de Ferrari après une analyse minutieuse des ressemblances effectives.

La leçon pratique : Reproduire des marques réelles dans un jeu (véhicules, armes, équipements) expose à des risques juridiques variables selon les territoires. En l’absence de licence, optez pour des designs fictifs inspirés plutôt que des reproductions identifiables.

🔗 Référence : Tribunal de district de New York, mars 2020, AM General LLC c. Activision Blizzard — commenté sur AFJV


3. Les dessins et modèles : la protection visuelle souvent oubliée

Les dessins et modèles protègent l’apparence d’un objet, sa forme, ses lignes, ses couleurs, ses textures, indépendamment de sa fonction. Dans le jeu vidéo, cela concerne : les designs de personnages, les interfaces utilisateur (HUD, menus, icônes), les armes, véhicules et objets in-game, et les « skins » décoratifs.

Cette protection est souvent sous-exploitée, alors qu’elle offre une couverture large et économiquement avantageuse.

Droits enregistrés : La durée de protection peut atteindre 25 ans (5 ans renouvelables). À l’EUIPO, la taxe de dépôt d’un dessin ou modèle coûte 350 €.

Droits non enregistrés : Dans l’UE, une protection de 3 ans naît automatiquement lors de la première divulgation publique. Utile pour les concepts révélés tôt en développement.

Point critique : Pour les dessins enregistrés, le dépôt doit intervenir dans les 12 mois suivant la première divulgation publique. Un trailer ou une image sur les réseaux sociaux peut déclencher ce délai.

4. Les brevets : protéger les mécaniques de jeu innovantes

Les brevets protègent des inventions techniques, mécaniques de gameplay, algorithmes, systèmes d’IA. Leur utilisation est plus rare dans le jeu vidéo, notamment parce que les mécaniques de jeu en tant que telles ne sont pas brevetables. En revanche, des inventionstechniques sous-jacentes (moteur physique, système de rendu, technologie de compression) peuvent faire l’objet d’un brevet.


🔍 Cas jurisprudentiel n°4 — Nintendo c. Pocketpair (Palworld) : les brevets au cœur du gameplay

Contexte : Le 19 septembre 2024, Nintendo et The Pokémon Company ont annoncé agir en contrefaçon de brevets contre Pocketpair, le développeur de Palworld, poursuivi pour avoir reproduit des mécaniques de jeu protégées, notamment le système de capture de créatures.

L’enjeu : L’action n’est pas fondée sur la violation du droit d’auteur  mais sur la violation de brevets touchant à la technologie et aux mécaniques de jeu. Nintendo et The Pokémon Company réclament une injonction de cessation et des dommages et intérêts.

Le rebondissement : L’Office japonais des brevets a rejeté une demande de brevet de Nintendo relative à la famille de brevets de capture de créatures, concluant que la demande manquait de nouveauté, citant comme antériorités Monster Hunter 4, ARK: Survival Evolved et même Pokémon GO.

L’impact concret sur le jeu : Le 30 novembre 2024, Pocketpair a publié un patch supprimant la possibilité d’invoquer des créatures en lançant des sphères et la remplaçant par une invocation statique à côté du joueur. Des concessions importantes faites sous pression juridique, alors même que la validité des brevets est contestée.

La leçon pratique : Les brevets sur les mécaniques de jeu sont un outil à double tranchant. Pour les studios, cela soulève deux questions concrètes : (1) si vous développez une mécanique innovante, évaluez sa brevetabilité technique ; (2) si vous vous inspirez de mécaniques existantes, vérifiez l’état du portefeuille de brevets des acteurs dominants du marché. Un brevet n’a pas besoin d’être valide pour coûter une fortune en procédure.

🔗 Référence : Procès Nintendo/Pocketpair, Japon, 2024-en cours — suivi sur Livv.eu


5. Les contrats : le ciment invisible de votre PI

Les droits de PI n’ont de valeur que si vous en êtes bien titulaire. La gestion contractuelle est le fondement de cette titularité.

Les contrats essentiels

Avec les prestataires et freelances : Chaque contrat doit comporter une clause de cession des droits d’auteur claire et conforme aux exigences légales, précisant les œuvres concernées, l’étendue de la cession, le territoire et la durée. Sans cette clause, le prestataire reste propriétaire de sa création.

Pour les co-développements : Un accord préalable doit définir la répartition de la PI en cas de succès, de cession ou de litige entre studios.

Les NDA (accords de confidentialité) : Protègent les informations sensibles partagées avec les prestataires, partenaires ou investisseurs avant la signature d’un contrat définitif. La seule condition est de bien déterminer le périmètre des informations définies comme sensibles.

Les CLUF : Encadrent ce que les joueurs peuvent faire avec le jeu. En matière de mods et de contenus générés par les utilisateurs, de plus en plus d’éditeurs intègrent des clauses de licence automatique sur les créations des joueurs.


🔍 Cas jurisprudentiel n°5 — Bungie c. AimJunkies : protéger son jeu contre la triche

Contexte : Bungie avait engagé des poursuites contre Phoenix Digital Group, qui développe et commercialise un logiciel de triche pour Destiny 2.

Décision : La décision initiale, rendue en mai 2023, octroyait à Bungie 4,3 millions de dollars de dommages et intérêts pour violation de droits d’auteur et du DMCA (Digital Millennium Copyright Act). AimJunkies a été reconnu coupable d’avoir développé et vendu des outils permettant aux joueurs de tricher, portant atteinte à l’intégrité du jeu. En 2024, les tribunaux ont refusé d’accorder un nouveau procès, confirmant la condamnation.

Comment ça a fonctionné juridiquement : L’un des ingénieurs du cheat avait effectué une rétro-ingénierie du code du jeu pour créer et vendre les aimbots, en violation directe du contrat de licence qu’il avait accepté pour télécharger le jeu. Le tribunal a également retenu la destruction délibérée de preuves financières par le défendeur.

La leçon pratique : Vos CLUF et licences de logiciel sont des outils juridiques actifs. Rédigés correctement, ils créent une base légale pour agir contre les tricheurs, les créateurs de cheats, ou toute personne qui contourne vos mesures de protection technique. Un CLUF bien structuré a ici permis d’obtenir 4,3 millions de dollars.

🔗 Référence : Bungie c. Phoenix Digital Group (AimJunkies), Cour fédérale de Seattle, 2023-2024 — confirmé par AFJV


6. IA générative : les nouvelles questions de PI

L’usage de l’IA générative dans le développement de jeux vidéo soulève des enjeux PI encore partiellement non résolus :

Titularité des droits sur les contenus IA : En droit français, la titularité des droits d’auteur est réservée aux personnes physiques. Une image générée par Midjourney ou un texte produit par un LLM ne bénéficie pas automatiquement de la protection du droit d’auteur. Pour qu’une protection s’applique, il faut démontrer une contribution créative humaine suffisante dans le processus.

Les données d’entraînement : L’utilisation d’œuvres protégées pour entraîner des modèles d’IA fait l’objet de contentieux en cours aux États-Unis, en Europe et en Asie. Les studios utilisant des assets générés par IA doivent vérifier les conditions d’utilisation des outils employés.

Recommandation pratique : Documentez toutes les contributions humaines dans votre workflow IA, conservez les prompts, les itérations et les modifications manuelles apportées aux contenus générés. Cette documentation peut s’avérer déterminante en cas de litige.


7. Intégrer la PI dans le cycle de développement

Préproduction

  • Recherche de disponibilité du nom et des signes distinctifs
  • Réservation des noms de domaine
  • Signature des contrats avec tous les contributeurs, avec clauses de cession de droits
  • Maintien de la confidentialité des concepts visuels

Production

  • Documentation rigoureuse des assets : historiques de versions, preuves de création
  • Vérification des licences des assets tiers (polices, textures, plug-ins, bibliothèques sonores)
  • Suivi des dates de première divulgation pour les dessins et modèles

Lancement

  • Dépôt des marques dans les marchés clés avant les campagnes marketing
  • Audit des droits d’auteur : vérification que tous les contrats de cession sont en ordre
  • Enregistrement des dessins et modèles stratégiques avant les trailers publics

Post-lancement

  • Surveillance active : copies, contrefaçons, applications frauduleuses sur les plateformes
  • Extension de la stratégie PI aux DLC, mises à jour, produits dérivés et suites

eviter les erreurs couteuse dans le developpement de jeux video

FAQ — Propriété intellectuelle et jeux vidéo

Les règles de jeu (gameplay) sont-elles protégeables par le droit d’auteur ?
Non, les règles et mécaniques de jeu en tant que telles ne sont pas protégeables par le droit d’auteur. La Cour de cassation l’a rappelé dans l’arrêt Cryo : seule l’expression concrète d’une idée est protégeable, pas l’idée elle-même. Un studio ne peut donc pas empêcher un concurrent de créer un jeu avec un système de tours par tour, un gameplay de plateforme ou un battle royale. En revanche, l’habillage original de ces mécaniques (visuels, sons, personnages, interface) est protégé. Les mécaniques peuvent toutefois être protégées par un brevet si elles comportent une inventiontechnique suffisante, c’est tout l’enjeu de l’affaire Nintendo/Palworld.

Un logo créé par un graphiste freelance appartient-il automatiquement au studio ?
Non. En droit français, un prestataire conserve ses droits d’auteur sur ses créations, sauf cession écrite explicite. Si votre contrat avec le graphiste ne comporte pas de clause de cession des droits, il reste techniquement propriétaire du logo, ce qui signifie que vous ne pouvez pas légitimement le déposer comme marque, ni agir contre quelqu’un qui le copie. Cette situation est malheureusement fréquente dans les studios qui travaillent avec des freelances via des plateformes sans contrat formalisé.

Peut-on protéger un personnage de jeu vidéo ?
Oui, sous plusieurs couches de protection. Un personnage original peut être protégé par le droit d’auteur (au titre de ses éléments graphiques et narratifs), par les marques (si son nom ou son image est déposé), et par les dessins et modèles (pour son apparence visuelle). La protection est plus forte quand ces trois couches se combinent. Notez que le « look and feel » général d’un personnage est protégeable, mais pas le concept générique (un « elfe archer » en tant que tel ne peut pas être approprié).

Mon studio peut-il utiliser librement de la musique classique dans un jeu ?
Les œuvres musicales tombées dans le domaine public (généralement l’auteur est décédé depuis plus de 70 ans) peuvent être utilisées librement. Mais attention : même pour une œuvre de Beethoven, si vous utilisez un enregistrement commercial, cet enregistrement est protégé par des droits voisins indépendants. Il faut soit créer vos propres enregistrements, soit utiliser des enregistrements explicitement libérés sous licence libre. Vérifiez également si la partition utilisée est bien dans le domaine public et non une édition récente protégée.

Un fan game basé sur un jeu existant est-il légal ?
En principe non, sans l’autorisation du titulaire des droits. Un fan game qui reprend des personnages, univers, décors ou noms protégés constitue techniquement une contrefaçon. Certains éditeurs (Nintendo en tête) sont connus pour faire retirer les fan games. D’autres (comme ConcernedApe avec Stardew Valley) adoptent une position tolérante. En l’absence d’autorisation formelle, un fan game reste exposé à une mise en demeure ou un retrait. La tolérance informelle d’un éditeur ne crée pas de droit.

Comment protéger un nom de jeu avant de le révéler publiquement ?
La marche à suivre recommandée est : (1) effectuez d’abord une recherche de disponibilité pour vérifier que le nom n’est pas déjà utilisé, (2) réservez les noms de domaine correspondants, (3) déposez la marque dans les marchés prioritaires avant toute annonce publique. Vous pouvez déposer une marque UE à l’EUIPO ou une marque nationaleEt grâce au droit de priorité de la Convention de Paris, vous disposerez ensuite de 6 mois pour étendre la protection à d’autres pays (États-Unis, Japon, Chine par exemple) tout en conservant la date du premier dépôt.

Que se passe-t-il si un prestataire utilise les assets de mon jeu après la fin de notre collaboration ?
Si vous avez un contrat de cession des droits bien rédigé, vous disposez d’un recours clair en contrefaçon. Sans ce contrat, la situation est complexe : le prestataire peut légitimement revendiquer des droits sur ses créations. En pratique, même avec un contrat, il est utile de conserver des preuves de la collaboration (emails, briefs, historiques de versions, factures) pour établir à la fois la paternité des créations et la réalité de la cession.

Un éditeur peut-il revendiquer les droits sur les mods créés par les joueurs ?
Cela dépend des clauses du CLUF. La Cour d’appel de Paris a confirmé en 2022 dans l’affaire Valve qu’un CLUF peut légitimement inclure une clause de licence automatique sur les contenus générés par les utilisateurs (mods, skins, etc.), à condition que cette clause soit rédigée de manière suffisamment claire et que la rémunération (même en nature, par l’accès au service) soit mentionnée. Un mod contenant des éléments originaux créés par le joueur reste une œuvre sur laquelle le créateur peut revendiquer des droits d’auteur sur les éléments apportés.

Les NFT liés à des jeux vidéo sont-ils protégés par la PI ?
La question est encore en cours de clarification juridique. Un NFTun certificat cryptographique associé à un objet numérique, pas une cession de droits d’auteur. Acheter un NFT représentant un personnage de jeu ne confère pas de droits sur ce personnage,à moins que le contrat de vente ne le précise explicitement. En France, la loi SREN de 2024 a introduit un régime spécifique pour les jeux utilisant des objets numériques (JONUM), qui clarifie partiellement le cadre applicable aux actifs in-game tokenisés.

Combien coûte une stratégie PI de base pour un studio indépendant ?
Il n’y a pas de réponse unique, mais voici des ordres de grandeur indicatifs :

  • Droit d’auteur : 0 € (protection automatique) + coût de rédaction des contrats
  • Marque UE (EUIPO) : environ 850 € pour une classe, 50 € par classe supplémentaire (taxes officielles 2024)
  • Marque France (INPI) : environ 190 € pour une classe
  • Marque internationale (OMPI) : à partir de 750 CHF + frais par pays
  • Dessins et modèles UE : à partir de 350 € par design à l’EUIPO
  • Honoraires de conseil : variables selon les cabinets

Une stratégie progressive réaliste pour un studio indépendant peut démarrer pour moins de 2 000 € en couvrant les marchés prioritaires, puis s’étendre au fil de la croissance du studio.


Conclusion : la PI, un investissement stratégique dès le premier jour

La propriété intellectuelle n’est pas une formalité administrative réservée aux grands studios. Cette protection stratégique permet de protèger votre créativité, sécurise vos revenus et renforce votre position face aux investisseurs, partenaires et concurrents.

Les cas jurisprudentiels présentés dans ce guide montrent une réalité constante : les conflits de PI arrivent à tous les niveaux, des créateurs indépendants (affaire Raynal/Alone in the Dark) aux géants de l’industrie (Nintendo, Valve, Bungie). Ce qui distingue les studios bien préparés, c’est l’anticipation : contrats rédigés avant le premier pixel, marques déposées avant le premier trailer, designs enregistrés avant la première présentation.

Quel que soit votre budget, des solutions existent pour obtenir une protection solide et progressive. En construisant votre stratégie PI dès le départ, vous créez de la valeur durable  sur vos marchés actuels et sur ceux que vous n’avez pas encore imaginés.


Sources et références

Référence Lien
Cass. Ass. plén., 7 mars 1986, Atari Inc. — Naissance du droit d’auteur sur les jeux vidéo Jurisprudence française
Cass. Civ. 1re, 25 juin 2009, n°07-20.387, Cryo — Œuvre complexe Village-Justice
TGI Lyon, 3e ch., 8 sept. 2016, Raynal c. Atari Deleporte Wentz Avocat
CA Paris, 21 oct. 2022, n°20/15768, Valve c. UFC-Que Choisir Solvoxia Avocats
Cass. 1re civ., 23 oct. 2024, n°23-13.738 Leben Avocats
Bungie c. AimJunkies, Cour fédérale de Seattle, 2023 AFJV
Nintendo c. Pocketpair (Palworld), Japon, 2024 Livv.eu
AM General c. Activision Blizzard, New York, 2020 AFJV
WIPO — PI et jeux vidéo WIPO Magazine

Ce guide a une vocation informative générale. Pour toute situation spécifique, consultez un conseil en propriété industrielle ou un avocat spécialisé en droit de la propriété intellectuelle.

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Extension .marque : Guide complet pour les entreprises avant la vague ICANN 2026

À l’heure où la confiance numérique devient un actif stratégique, les entreprises cherchent à reprendre le contrôle de leur identité en ligne. La future ouverture du programme ICANN 2026 pour les extensions internet personnalisées, dites .marque, représente une opportunité inédite de bâtir un espace numérique souverain et sécurisé, au nom même de la marque.

Le Cercle des .marques 2025, organisé par l’Afnic, a réuni en octobre les pionniers et experts du domaine pour éclairer les enjeux et les conditions de réussite de cette nouvelle vague. Nathalie Dreyfus, fondatrice du cabinet Dreyfus Associés, y a partagé son expertise sur le rôle central de la propriété intellectuelle dans la préparation des candidatures à un .marque. Ce guide complet vous aide à comprendre pourquoi et comment anticiper dès maintenant cette opportunité stratégique avant la vague ICANN 2026.

Pourquoi envisager un .marque ?

Souveraineté numérique et sécurité

Détenir son propre TLD permet à une entreprise de contrôler totalement son écosystème numérique. Elle définit qui peut enregistrer un nom, comment il est utilisé, et sous quelles conditions de sécurité. C’est une réponse directe aux menaces croissantes : phishing, cybersquattage, détournement de nom de domaine. Un .marque, c’est bien plus qu’une extension : c’est une zone numérique souveraine au service de la confiance, souligne Nathalie Dreyfus.

Cohérence de marque et innovation

Avec un .marque, tous les services digitaux – site, extranet, applications, e-commerce – peuvent s’articuler autour d’une même racine, garantissant cohérence et impact. Les usages des pionniers comme .leclerc, .bnpparibas ou .audi démontrent qu’un TLD de marque est un outil puissant de différenciation et d’innovation.

SEO et intelligence artificielle

L’Afnic a mis en avant la convergence entre SEO, IA et nouvelles extensions. Les algorithmes tendent à valoriser la clarté des signaux de marque : un .marque contribue donc à la fiabilité perçue d’un site. À l’ère du Search Generative Experience, où Google et Bing reformulent les requêtes, l’autorité de la source devient clé.

Un investissement stratégique à long terme

La candidature à un .marque représente un investissement conséquent – environ 200 000 USD de frais ICANN + coûts d’exploitation – mais le retour potentiel dépasse le cadre du référencement. Il s’agit d’un actif immatériel stratégique, au même titre qu’une marque enregistrée ou un brevet :

  • Protection renforcée contre les usages abusifs
  • Valorisation dans la stratégie de communication
  • Atout pour les marchés internationaux sensibles à la confiance numérique

Se préparer à la vague 2026

L’Afnic a rappelé le calendrier :

  • Décembre 2025 : publication du nouvel Applicant Guidebook par l’ICANN
  • Avril 2026 : ouverture des candidatures

Les entreprises doivent anticiper dès aujourd’hui :

  • Réunir une équipe pluridisciplinaire : juridique, IT, communication, sécurité
  • Évaluer la faisabilité technique et financière
  • Définir les usages concrets : clients, partenaires, intranet, marketing
  • Construire un dossier solide intégrant la propriété intellectuelle

Les risques à anticiper

  • Sous-utilisation : un TLD inactif perd toute valeur stratégique.
  • Coûts de gouvernance : un registre mal administré peut nuire à la crédibilité.
  • Manque de vision d’ensemble : l’échec vient souvent d’une absence de stratégie d’usage à long terme.

Pour Nathalie Dreyfus, la réussite d’un .marque repose sur la cohérence entre vision juridique, technique et marketing.

Conditions de réussite

  1. Objectif clair : définir à quoi servira le .marque et pour qui.
  2. Gouvernance solide : intégrer toutes les parties prenantes dès le départ.
  3. Usage visible : montrer concrètement la valeur ajoutée du .marque.
  4. Mesure et pilotage : suivre la performance (trafic, sécurité, notoriété).
  5. Accompagnement expert : choisir un partenaire maîtrisant à la fois la PI, les règles de l’ICANN et le digital.

Le rôle du cabinet Dreyfus

Le cabinet Dreyfus accompagne les entreprises dans la protection et la valorisation de leurs actifs immatériels depuis plus de 20 ans. Notre équipe aide les titulaires de marques à :

  • Évaluer la pertinence d’un .marque pour leur stratégie digitale
  • Constituer le dossier ICANN complet
  • Définir la gouvernance et la politique d’enregistrement
  • Sécuriser la marque et les sous-domaines

Conclusion

La fenêtre d’opportunité pour les .marque ne s’ouvre qu’une fois par décennie. Les entreprises qui sauront se positionner dès maintenant prendront une longueur d’avance décisive sur la maîtrise de leur identité numérique. Le .marque est la nouvelle frontière du branding : il transforme le nom de domaine en actif stratégique, conclut Nathalie Dreyfus.

FAQ

Qu’est-ce qu’un .marque ?
Un .marque est une extension internet personnalisée (TLD) réservée à une marque enregistrée. Elle permet de créer un espace numérique sécurisé et contrôlé.

Quel coût ?
Les frais ICANN avoisinent 200 000 USD, auxquels s’ajoutent les coûts de gestion annuelle. C’est un investissement de long terme.

Quand puis-je candidater ?
La prochaine fenêtre d’ouverture ICANN est prévue pour avril 2026. La préparation doit commencer dès 2025.

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L’intelligence artificielle comme assistant juridique

Dans le paysage en constante évolution des services juridiques, l’intelligence artificielle (IA) s’impose comme une force de transformation, en particulier dans le domaine du droit de la propriété intellectuelle (PI).

L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans le secteur juridique marque un tournant majeur, offrant des outils qui augmentent les capacités des professionnels du droit. Dans le domaine de la propriété intellectuelle, où la précision et l’efficacité sont essentielles, l’IA joue un rôle clé dans l’innovation et l’amélioration des services aux clients.

I – Le rôle de l’IA dans l’assistance juridique

Automatisation des tâches répétitives

L’IA excelle dans l’automatisation des tâches répétitives qui mobilisent traditionnellement du temps et des ressources considérables. L’examen de documents, l’analyse de contrats et la due diligence sont désormais accélérés grâce à des plateformes basées sur l’IA, permettant aux avocats et juristes de se concentrer sur des missions plus complexes et stratégiques.

Par exemple, des outils d’intelligence artificielle peuvent analyser en quelques secondes un volume considérable de documents juridiques et identifier les clauses pertinentes, réduisant ainsi considérablement le temps consacré aux revues manuelles.

Analyse prédictive et aide à la prise de décision

Au-delà de l’automatisation, l’IA propose des capacités d’analyse prédictive qui aident à anticiper les issues juridiques. Grâce à l’examen de données historiques, les modèles d’IA peuvent prédire les chances de succès d’une action en justice, ce qui permet aux avocats d’adopter des stratégies mieux informées.

Cette capacité prédictive est particulièrement précieuse dans les litiges en propriété intellectuelle, où la compréhension des précédents judiciaires et des tendances des tribunaux peut influencer les décisions de dépôt, de défense ou de négociation.

II – L’impact sur le conseil en propriété intellectuelle

Amélioration de l’efficacité et de la précision

Dans le domaine du conseil en propriété intellectuelle, l’IA améliore à la fois l’efficacité et la précision. Les outils alimentés par l’IA permettent d’effectuer des recherches d’antériorité approfondies pour garantir que les demandes de brevet ou de marque sont bien fondées et n’empiètent pas sur des droits existants.

De plus, l’IA facilite la surveillance des infractions potentielles en scannant continuellement des bases de données mondiales et des plateformes de commerce en ligne, alertant les détenteurs de droits en cas de contrefaçon détectée. Cette approche proactive permet aux conseillers en propriété intellectuelle de proposer des stratégies de protection robustes à leurs clients.

Défis et considérations éthiques

Bien que l’IA offre de nombreux avantages, son intégration dans les services juridiques soulève également des défis et des considérations éthiques.

Les préoccupations relatives à la protection des données, aux biais algorithmiques et à la confiance des clients doivent être prises en compte. Les professionnels du droit ont la responsabilité de veiller à ce que les outils d’IA respectent les réglementations en vigueur et garantissent une transparence totale sur leur fonctionnement.

III – Les dernières initiatives gouvernementales

Stratégies nationales en matière d’IA

Les gouvernements du monde entier prennent conscience du potentiel de l’IA et mettent en place des stratégies pour encadrer son développement et son utilisation dans le secteur juridique.

En France, le gouvernement a adopté une stratégie nationale en matière d’IA visant à favoriser l’innovation tout en veillant à un usage éthique et responsable de ces technologies. En effet, un rapport d’information a été adopté le 18 décembre 2024 qui est relatif à « L’intelligence artificielle et les professions du droit ». Cette stratégie repose sur des investissements massifs en recherche et développement, l’élaboration de cadres réglementaires adaptés et la formation des professionnels du droit aux compétences en IA.

Cadres réglementaires et conformité

Face aux défis posés par l’IA, les régulateurs mettent en place des cadres juridiques qui garantissent une utilisation responsable et conforme aux principes éthiques.

Ces réglementations concernent notamment la protection des données personnelles, la responsabilité des algorithmes dans la prise de décision et la lutte contre la discrimination automatisée. Il est impératif pour les professionnels du droit de rester informés de ces évolutions afin d’accompagner efficacement leurs clients et de garantir leur conformité aux nouvelles normes.

Conclusion

L’intelligence artificielle s’impose comme un allié incontournable dans l’évolution des services juridiques, et en particulier dans le conseil en propriété intellectuelle. Sa capacité à automatiser des tâches complexes et à fournir des analyses prédictives améliore non seulement l’efficacité opérationnelle, mais aussi la qualité des conseils apportés aux clients.

À mesure que l’IA évolue, sa complémentarité avec les professionnels du droit façonnera une nouvelle ère du conseil juridique, où la technologie et l’expertise humaine s’allient pour offrir un service toujours plus performant.

Besoin de conseils d’experts en intelligence artificielle et propriété intellectuelle ? Le cabinet Dreyfus & Associés est spécialisé en droit de la propriété intellectuelle, notamment en matière de marques, de droits d’auteur et de questions juridiques liées à l’IA. Nos experts suivent de près les évolutions du droit en matière d’IA et de propriété intellectuelle !

Nous intégrons des technologies d’IA les plus avancées pour fournir des services de propriété intellectuelle d’excellence et nous collaborons avec un réseau mondial d’avocats spécialisés en propriété intellectuelle.

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FAQ

1 – Comment utiliser l’IA dans le domaine juridique ?

L’intelligence artificielle est un outil puissant qui peut être utilisé dans le domaine juridique pour automatiser certaines tâches, améliorer l’analyse des données et optimiser la gestion des dossiers. Parmi les principales applications, on retrouve : • L’automatisation des tâches répétitives : l’IA permet de générer des contrats, analyser des clauses et vérifier la conformité de documents. • La recherche juridique : des outils d’IA comme les moteurs de recherche spécialisés permettent d’accélérer l’identification des précédents jurisprudentiels et des textes de loi applicables. • L’analyse prédictive : certaines IA sont capables d’évaluer les chances de succès d’une action en justice en s’appuyant sur l’étude de décisions antérieures. • La gestion des risques et la conformité : les algorithmes d’intelligence artificielle peuvent détecter des anomalies dans des documents financiers ou des contrats, aidant ainsi les entreprises à se conformer aux réglementations en vigueur.

2 – Quel est le lien entre le droit et l’intelligence artificielle ?

Le lien entre le droit et l’intelligence artificielle est double : • L’IA appliquée au droit : l’IA permet d’optimiser le travail des professionnels du droit en automatisant des tâches complexes, en facilitant l’accès à l’information juridique et en améliorant la prise de décision. • Le droit de l’IA : l’essor de l’intelligence artificielle pose des défis juridiques en matière de protection des données personnelles, de responsabilité des algorithmes, d’éthique et de réglementation. Les législateurs doivent encadrer son utilisation pour éviter les biais, garantir la transparence et protéger les droits des individus.

3 – L’IA peut-elle remplacer les avocats ?

L’intelligence artificielle ne peut pas remplacer les avocats, mais elle peut considérablement améliorer leur travail en leur fournissant des outils d’aide à la décision et en automatisant des tâches chronophages. Les avocats apportent une expertise humaine indispensable dans l’interprétation des lois, la stratégie judiciaire et la négociation. L’IA ne possède pas la capacité de jugement, la créativité ou l’empathie nécessaires pour défendre un client dans des situations complexes. Elle reste un assistant performant, mais pas un substitut au rôle de l’avocat.

4 – Comment les cabinets de conseil utilisent-ils l’IA ?

Les cabinets de conseil en propriété industrielle et en droit utilisent l’intelligence artificielle de plusieurs manières : • Surveillance et protection des marques : l’IA aide à détecter des usages frauduleux de marques sur Internet, les réseaux sociaux et les plateformes e-commerce. • Gestion et analyse des portefeuilles de brevets et de marques : les algorithmes d’IA peuvent identifier des opportunités de protection, repérer des conflits potentiels et proposer des stratégies adaptées. • Audit et conformité réglementaire : l’IA facilite l’analyse de contrats et de textes juridiques pour s’assurer de leur conformité avec les réglementations en vigueur. • Automatisation de la rédaction de documents : des outils basés sur l’IA permettent de générer des contrats, des clauses juridiques et des analyses personnalisées en fonction des besoins des clients. En résumé, l’IA ne remplace pas l’expertise des juristes, mais elle constitue un levier d’efficacité et de précision qui transforme la pratique du droit et optimise la gestion des risques juridiques.

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Le droit de la propriété intellectuelle dans le secteur du vin : protéger le patrimoine et l’innovation

L’industrie du vin représente une confluence unique entre tradition, innovation et commerce. Le droit de la propriété intellectuelle (PI) joue un rôle crucial pour préserver cet équilibre en protégeant les identités de marque, le patrimoine régional et les pratiques innovantes. Cet article explore les subtilités du droit de la PI dans le secteur viticole, en étudiant le rôle des marques, des indications géographiques et d’autres outils de PI pour protéger les intérêts des parties prenantes tout en favorisant l’innovation.

Les piliers de la propriété intellectuelle dans l’industrie du vin

I – Les marques : sécuriser l’identité de la marque

Les marques sont essentielles pour distinguer les produits d’un producteur de ceux d’un autre. Sur un marché compétitif, une marque forte assure une reconnaissance, une fidélité des consommateurs et une protection juridique contre l’imitation.

Les défis de l’enregistrement des marques :

  • Similarité des produits : De nombreuses marques de vin relèvent de la classe 33 (boissons alcooliques hors bières). La densité des enregistrements entraîne souvent des litiges concernant la similarité des produits et des signes.
    • Exemple : Les cas d’opposition où des marques comme « MARQUIS DELATRE » et « MARQUÈS DEL ATRIO » ont été examinées pour leurs ressemblances phonétiques et visuelles.
  • Caractère distinctif : Des termes comme « Château » ou « Domaine », souvent utilisés de manière descriptive, nécessitent des éléments supplémentaires pour être enregistrés.

Des décisions récentes d’organismes comme l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) français et l’EUIPO (Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle) soulignent la nécessité pour les marques de présenter un caractère distinctif clair et d’éviter toute confusion chez les consommateurs. Par exemple, les décisions concernant des marques comme « LOUIS DE LA ROCHE » et « DOMAINE DE LA ROCHE » illustrent l’importance d’évaluer l’impression globale des signes.

II – Les indications géographiques : préserver le patrimoine régional

Les indications géographiques protègent les noms de régions associés à des qualités ou une réputation spécifiques, garantissant l’authenticité et préservant le patrimoine culturel. Des exemples incluent Champagne, Bordeaux et Chianti.

Le cadre européen, tel que le récent règlement (UE) n° 2024/1143, régit l’utilisation et la protection des indications géographiques dans le secteur du vin notamment.

Il existe des études de cas, notamment :

  • Évocation et usage abusif : Les tentatives d’enregistrement de termes évoquant des IG protégées, comme « TIZZANO » pour des vins corses, mènent souvent à des défis juridiques. Les tribunaux examinent si de tels termes peuvent induire en erreur les consommateurs.
  • Modification des spécifications : Les changements apportés aux règles de l’AOP (Appellation d’Origine Protégée), tels que l’introduction de nouveaux cépages, doivent respecter l’essence de l’indication géographique.

III – Innovation et brevets dans la viticulture

Les innovations dans la gestion des vignobles et la vinification—allant des systèmes d’irrigation avancés aux techniques de fermentation—peuvent être brevetées. Une telle protection incite à la recherche et au développement tout en permettant aux producteurs de valoriser leur ingéniosité.

Bien que les brevets favorisent l’innovation, la dépendance du secteur vinicole à la tradition nécessite une attention particulière aux impacts culturels. Par exemple, les brevets liés à des méthodes de production non traditionnelles, comme les vins désalcoolisés, doivent respecter les règles établies des IG.

IV – Protection des designs : emballage et présentation

L’attrait esthétique de l’emballage du vin influence souvent le choix des consommateurs. Les droits de design protègent des éléments comme les formes de bouteilles, les étiquettes et les fermetures, assurant que les présentations uniques restent exclusives à leurs créateurs.

Des designs innovants, tels que les emballages écoresponsables, gagnent en popularité. Protéger ces designs renforce l’engagement d’un producteur envers la durabilité et la différenciation de la marque.

Application et résolution des litiges

Les défis liés à la contrefaçon sont nombreux. Les produits haut de gamme de l’industrie vinicole sont des cibles fréquentes de la contrefaçon. Les mécanismes de mise en œuvre de la PI, tels que les interventions douanières et les litiges, sont essentiels pour combattre ce phénomène.

Par ailleurs, les affaires de cybersquattage, impliquant des noms de domaine imitant des marques de vin célèbres, soulignent la nécessité d’une vigilance accrue dans les espaces numériques. La procédure UDRP (Uniform Domain-Name Dispute-Resolution Policy) constitue un mécanisme efficace de résolution.

Enfin, étant donné la nature internationale du commerce du vin, des méthodes alternatives de résolution des litiges, telles que l’arbitrage WIPO, offrent des solutions efficaces aux conflits transfrontaliers en matière de PI.

Anticiper l’avenir de la PI dans le secteur viticole

Durabilité et PI

Alors que la durabilité devient une priorité sur le marché, les producteurs exploitent la PI pour protéger les innovations écoresponsables et les stratégies de marque.

Marketing numérique et commerce électronique

Avec l’essor du commerce électronique, la protection des marques et des designs sur les marchés numériques devient de plus en plus cruciale.

Renforcer la coopération internationale

L’harmonisation des normes de PI par le biais d’accords internationaux, tels que l’Accord de Lisbonne et les ADPIC, est essentielle pour assurer une protection robuste à l’échelle mondiale.

Conclusion

La dépendance de l’industrie vinicole au droit de la propriété intellectuelle souligne son engagement à préserver le patrimoine tout en adoptant l’innovation. En naviguant dans les complexités des marques, des indications géographiques, des brevets et des droits de design, les parties prenantes peuvent protéger leurs actifs et assurer un avenir prospère à la viticulture à travers le monde. Une mise en œuvre efficace et une adaptation aux tendances émergentes consolideront davantage le rôle de la PI comme pierre angulaire du succès du secteur vinicole.

Le cabinet Dreyfus et Associés intervient dans la protection et la valorisation des marques vitivinicoles ainsi que dans la gestion des appellations d’origine (AOC/AOP) et des indications géographiques (IG). Forts de notre expertise approfondie en propriété intellectuelle et en droit vitivinicole, nous accompagnons les producteurs, syndicats et autres acteurs du secteur pour protéger et valoriser leurs produits.

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La marque internationale et les nouveaux adhérents au Protocole de Madrid

Le Système de Madrid, administré par l’OMPI (Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle), permet aux entreprises de protéger leurs marques à l’international de manière simplifiée. Avec l’adhésion régulière de nouveaux pays, comme le Qatar en mai 2024, ce système continue de croître, offrant aux entreprises de nouvelles opportunités commerciales dans des territoires stratégiques. Mais comment ces nouvelles adhésions influencent-elles le paysage des marques internationales ?

La marque internationale et ses avantages

Le Système de Madrid repose sur deux traités internationaux : l’Arrangement de Madrid de 1891 et le Protocole de Madrid de 1989. Ces deux instruments permettent aux entreprises de déposer une seule demande de marque internationale, tout en désignant les pays dans lesquels elles souhaitent protéger leur marque​.

En revanche, pour qu’une entreprise puisse déposer une telle demande, elle doit d’abord avoir enregistré sa marque au niveau national, dans le pays où elle est établie​. A la suite de l’enregistrement de la marque internationale, un lien de dépendance va naître avec la marque nationale, pendant une durée de cinq ans. Par conséquent, une perte de droits sur la marque nationale entraîne automatiquement la même perte pour la marque internationale pour tous les pays qu’elle vise.

Grâce au Système de Madrid, les entreprises peuvent bénéficier d’une protection uniforme de leur marque dans plusieurs pays tout en réduisant les coûts et les démarches administratives. Une seule demande simplifie également la gestion du renouvellement des marques, qui est valable pour une durée de dix ans, renouvelable indéfiniment​.

L’adhésion du Qatar et ses implications pour les entreprises internationales

Le Qatar devient le 115ème membre du Protocole de Madrid le 3 mai 2024, marquant ainsi une nouvelle étape pour la région du Golfe. Il s’agit du quatrième Etat sur six des membres du Conseil de coopération du Golfe. Cette adhésion permet aux entreprises qatariennes d’enregistrer leurs marques au niveau international à travers une procédure unique, tout en facilitant l’accès aux marchés étrangers. Réciproquement, les entreprises étrangères peuvent désormais protéger leurs marques au Qatar plus facilement en les désignant directement dans leur dépôt de marque internationale​.

Pour les entreprises internationales, l’adhésion de nouveaux pays comme le Qatar au Protocole de Madrid ouvre des opportunités commerciales inédites dans des marchés jusqu’ici moins accessibles. Cela permet une extension de la protection des marques dans des zones géographiques stratégiques, en particulier dans le contexte de la croissance économique rapide du Moyen-Orient​.

Les défis à anticiper avec les nouveaux adhérents

Bien que le Protocole de Madrid offre une procédure centralisée, chaque pays membre conserve sa propre législation nationale en matière de marques. Cela signifie que même si une marque est acceptée à l’échelle internationale, elle peut faire face à des obstacles dans certains pays nouvellement adhérents. Les bureaux nationaux peuvent, par exemple, rejeter une marque en vertu de leurs critères spécifiques, ou prolonger les délais de traitement, notamment en cas d’opposition.

Par ailleurs, les entreprises doivent être prêtes à affronter des oppositions dans les pays désignés. Ces oppositions peuvent être fondées sur des droits antérieurs existants, entraînant des litiges prolongés ou des refus partiels de protection dans certains pays. Les procédures d’opposition peuvent différer selon les juridictions, et les délais peuvent varier considérablement​.

Conclusion

L’extension continue du Système de Madrid avec des adhésions comme celle du Qatar renforce la portée globale du système, facilitant l’accès à de nouveaux marchés pour les entreprises. Toutefois, ces avantages s’accompagnent de défis juridiques et administratifs, notamment liés aux particularités nationales des pays membres. Une gestion proactive des risques, notamment en matière d’oppositions et de variations dans les critères de protection, est essentielle pour les entreprises souhaitant optimiser leur stratégie de marque internationale.

Le cabinet Dreyfus vous assure un accompagnement expert dans toutes les étapes du dépôt et de la gestion de votre marque internationale. Notre maîtrise des subtilités légales et notre expérience sur les marchés mondiaux vous garantissent une protection optimale, adaptée à vos besoins spécifiques.

Le cabinet Dreyfus et Associés est en partenariat avec un réseau mondial d’avocats spécialisés en Propriété Intellectuelle.

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Quels sont les défis de la défense de vos droits de propriété intellectuelle?

ampoule, idée, création, protection En tant que propriétaire de propriété intellectuelle (PI), il est essentiel de protéger vos droits et de défendre votre PI contre l’infraction. Cependant, cela peut être difficile et complexe, car il existe une variété de défis qui peuvent survenir lors de la tentative de protection de votre PI.

 

Le premier défi est le coût de la défense de vos droits. Les litiges en matière de PI peuvent être coûteux, en particulier lorsqu’ils impliquent une grande entreprise ou plusieurs parties. Le coût de la procédure judiciaire comprend les honoraires juridiques, les frais de tribunal et les frais d’experts. De plus, vous devez considérer le coût opportunité de s’éloigner de votre entreprise ou de vos recherches pour poursuivre des litiges en matière de PI.

 

Le deuxième défi est le temps et l’effort nécessaires à la défense de votre PI. Les litiges en matière de PI peuvent être longs et complexes, prenant souvent des années à résoudre. Vous devez être prêt à investir du temps et des ressources considérables dans le processus, de la recherche de la loi à la préparation de documents juridiques et à la participation aux audiences judiciaires.

 

Le troisième défi est le risque de ne pas pouvoir défendre avec succès votre PI. Même si vous avez un bon dossier juridique et une bonne stratégie, il n’y a aucune garantie que vous l’emporterez en justice. De plus, le tribunal peut vous ordonner de payer les honoraires juridiques de l’autre partie si vous perdez l’affaire.

 

Le quatrième défi est la difficulté à appliquer un jugement favorable. Même si vous gagnez votre affaire et que le tribunal ordonne à l’autre partie de cesser de violer votre PI, il peut être difficile de l’appliquer effectivement. C’est particulièrement vrai si l’autre partie est située dans une autre juridiction ou est une grande corporation dotée de ressources importantes.

 

Le cinquième défi est le risque de mauvaise publicité. Les litiges en matière de PI peuvent être très publics et les médias peuvent signaler l’affaire. Cela peut mettre en lumière négative votre entreprise ou vos recherches et peut même affecter votre capacité à attirer des investisseurs ou des clients. Enfin, les propriétaires de PI doivent être conscients du risque de contre-réclamations. L’autre partie peut déposer une contre-réclamation contre vous dans une tentative pour éviter la responsabilité ou pour rejeter la faute.

 

Ces contre-réclamations peuvent être difficiles à défendre et peuvent nécessiter des ressources et des frais juridiques supplémentaires.

 

Dans l’ensemble, la défense de vos droits de PI peut être un processus compliqué et coûteux. En tant que propriétaire de PI, il est important de comprendre les risques et les défis associés aux litiges en matière de PI et de se préparer à les affronter.

 

 

 

 

Afin d’offrir à nos clients une expertise unique, nécessaire à l’exploitation des actifs immatériels, nous vous tenons informés des enjeux actuels de la propriété intellectuelle et de l’économie numérique à travers les articles rédigés par l’équipe juridique de Dreyfus.

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Données à caractères personnelles, droit de la propriété intellectuelle et droit de la consommation : leurs enjeux dans le métavers

Article MetaversEn 1992, dans son livre « Snow Crash », l’auteur de science-fiction Neal Stephenson évoquait le nouveau monde. Ce nouveau monde était le métavers. Aujourd’hui, ce nouveau monde n’est plus science-fiction mais fait bien partie de notre monde.

Ainsi, ce nouveau monde virtuel soulève quelques questions juridiques quant à son utilisation, et plus particulièrement lorsqu’il est question de données à caractères personnelles, de droit de propriété intellectuelle et de droit de la consommation.

 

 

 

Le métavers désigne un monde virtuel en 3D. Au sein de cet univers, les utilisateurs peuvent vivre une expérience immersive complète puisqu’ils peuvent interagir, acheter, vendre des objets, vendre des terrains, etc.

Le métavers est un monde plein d’opportunités mais aussi un monde en plein développement. En effet, de plus en plus de personnes et d’entreprises entrent dans le métavers. Entreprises et utilisateurs font alors une expérience unique. Parce que ce monde est virtuel, il suscite un intérêt juridique et certaines questions doivent être soulevées.

 

Métavers et droit de la protection des données

Lorsque Facebook est devenu Meta, la confiance qu’avaient les utilisateurs dans le métavers a basculée. Ainsi, à l’instar du monde réel, la question des données personnelles détient une place importante dans le métavers.

Le monde virtuel n’est qu’un reflet du monde réel. A tout le moins, il peut être une réalité améliorée. Il n’empêche que ce monde est virtuel. Par conséquent, l’utilisation des données devient un enjeu majeur. Les données collectées sont certes différentes des données collectées dans le monde réel mais elles apportent elles aussi de nombreuses informations sur les utilisateurs, à travers les avatars. Les avatars représentent fidèlement leurs utilisateurs. A travers les avatars, peuvent être récoltées les expressions faciales, les gestes ou encore les types de réactions qu’une personne pourrait avoir lors de ses interactions dans le métavers.

Si les expressions faciales, les gestes ou encore les interactions peuvent être collectés, la traçabilité des utilisateurs sera encore plus poussée que celle du monde réel.

Dans l’Union européenne, le Règlement Général sur la Protection des Données Personnelles (RGPD) est en vigueur et permet de protéger les utilisateurs européens contre la collecte de leurs données sans leur consentement. Quid dans le métavers ? Le RGPD peut-il s’appliquer et protéger les ressortissants européens ?

Le RGPD définit la notion de « données personnelles » de manière large. En effet, selon l’article 4(1) du RGPD,  est considérée comme une donnée personnelle, toute information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable. Cela laisse ainsi supposer qu’il puisse s’appliquer dans le métavers. Par ailleurs, parce que la définition donnée est large, les données, même indirectes, peuvent être considérées comme des données personnelles. Ainsi, à partir du moment où un geste ou une expression faciale permet de remonter à une personne, cela sera considéré comme une donnée personnelle.

Cependant, quid de l’application territoriale du RGPD ? En effet, ce dernier ne protège les utilisateurs qu’à partir du moment où ils se trouvent sur le territoire de l’Union européenne. Or, le métavers est, par définition un monde sans frontière.

 

Le métavers, un monde facilitant la contrefaçon ?

Le deuxième enjeu soulevé par le métavers concerne la propriété intellectuelle, et plus particulièrement la contrefaçon. En effet, récemment, des affaires de contrefaçon dans le métavers ont éclaté, la plus connue étant l’affaire MetaBirkin.

Le 14 janvier 2022, Hermès a assigné l’artiste Mason Rothschild en contrefaçon de son sac Birkin. En effet, ce dernier avait créé une centaine de NFT ayant la forme du sac Birkin, qu’il vendait dans le métavers contre de la cryptomonnaie.

Le Code de la propriété intellectuelle définit la contrefaçon comme toute violation d’un droit de propriété intellectuelle, telle que la reproduction, l’imitation, ou l’utilisation totale ou partielle d’une marque, d’un brevet, d’un modèle, d’un droit d’auteur, d’un logiciel, sans l’autorisation de son titulaire (article L.335-2 Code de la propriété intellectuelle). Si une œuvre ou un objet appartenant à une marque ou à un artiste est recopié dans le métavers, un risque de contrefaçon existe.

Cependant, on peut se poser la question de la contrefaçon des produits de petites entreprises ou des œuvres d’artistes peu connus. Si les marques ou artistes connus peuvent effectivement se défendre contre une utilisation abusive de leurs marques/œuvres dans le métavers, c’est bien plus compliqué pour les entreprises ou artistes méconnus du grand public. Ainsi, il pourrait y avoir une disparité entre les personnes/entreprises renommés et les « autres ».

Ainsi, la meilleure façon pour éviter une telle disparité mais aussi pour éviter toute contrefaçon serait pour les entreprises ou artistes, qu’ils soient connus ou non, de déposer des marques couvrant des produits ou services virtuels. Pareillement, une solution pour éviter une contrefaçon du droit d’auteur des artistes seraient d’utiliser la blockchain. En effet, la blockchain octroie des certificats assurant un suivi des transactions et de l’originalité de chaque œuvre vendue. Par conséquent, une traçabilité de l’œuvre est en place, permettant d’éviter une future contrefaçon.

 

Métavers et droit de la consommation : quand les règles du monde réel se voient transposées dans le monde virtuel.

Miroir du monde réel, les utilisateurs peuvent y acheter et vendre des produits. Parce que les consommateurs se trouvent à acheter des produits sur cet espace, le droit de la consommation ne peut être négligé.

D’une manière générale, le droit de la consommation peut être défini comme l’ensemble des dispositions légales et règlementaires destinées à la protection du consommateur. Tout comme dans le monde réel, le monde virtuel se doit d’être réglementé et se voit régi par le droit de la consommation. Les termes applicables dans le monde réel se verront appliqués dans le monde virtuel et sanctionnés de la même manière.

La CNIL s’est penchée sur la question du droit de la consommation dans le métavers et considère que le consommateur doit recevoir une information renforcée et être en mesure de refuser sans en subir les conséquences. Or, cela peut paraitre compliqué dans le métavers

 

Le métavers offre des possibilités infinies à ses utilisateurs, et à notre société d’une manière générale. Cependant, le métavers suscite des interrogations, notamment en matière de protection données personnelles et en matière de droit des marques. Par ailleurs, le métavers, tout comme le monde réel, offre la possibilité à ses utilisateurs de vendre des produits. Ainsi, le droit de la consommation se doit d’y être appliqué. En d’autres termes, les règles juridiques applicables dans le monde réel se doivent d’être respectées dans le monde virtuel, et pour certaines, se doivent de s’adapter pour permettre au mieux la protection des biens et des utilisateurs. Cette technologie étant en plein essor, il conviendra de voir comment les législations s’adaptent à ce nouveau monde.

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN…

 

♦ https://www.dreyfus.fr/2022/08/12/quels-sont-les-problemes-juridiques-derriere-lenregistrement-de-nft-off-chain/

 

♦ https://www.dreyfus.fr/2022/03/11/metavers-faut-il-deposer-des-marques-specifiques-pour-se-proteger/

 

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La nouvelle convention entre l’Etat français et l’AFNIC entre en vigueur le 1er juillet 2022

Cette convention réunira les axes de travail de l’AFNIC des prochaines années. L’un des points principaux est le développement du <.fr>.

 

La croissance du <.fr> passe notamment par des actions concrètes telles qu’aider les entreprises dans leur transition numérique. En effet, l’AFNIC a mit en place un dispositif d’accompagnement afin de permettre au PME et TPE de développer leur présence en ligne.

Dans cette convention l’AFNIC s’est également engagée à investir à hauteur de 2% de son chiffre d’affaires afin d’appliquer des baisses tarifaires ainsi que simplifier les interfaces d’enregistrements et d’organiser une gestion des données plus rapides et performantes.

A travers cette convention, l’AFNIC s’est engagée à investir 10% de son chiffre d’affaires dans l’innovation afin consolider sa responsabilité sociale et environnementale. L’AFNIC s’engage pour atteindre la neutralité carbone du <.fr>.

L’AFNIC et l’Etat souhaitent ainsi continuer le travail mis en œuvre dans le but de développer et renforcer le <.fr>.

 

Cette brève a fait l’objet d’une publication dans le numéro N°7-8-JUILLET-AOÛT 2022 de la revue Propriété Industrielle de LexisNexis

 

Sources : https://www.afnic.fr/observatoire-ressources/actualites/letat-et-lafnic-signent-une-nouvelle-convention-pour-la-gestion-du-fr/

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Pourquoi une bonne protection de marque au Moyen-Orient nécessite d’enregistrer sa marque aussi bien en Israël qu’en Palestine?

Le territoire Palestinien fait l’objet de larges controverses cependant, les droits de marque ne sont pas aussi insignifiants qu’ils pourraient y laisser paraitre.

Il existe plusieurs raisons pour lesquelles le marché palestinien doit être pris en considération dans une stratégie de protection de marque au Moyen-Orient. En effet, malgré la séparation des systèmes juridiques israélien et palestinien, il est presque impossible de séparer les deux marchés en deux juridictions.

 

 

 

 

 

Comment protéger ses droits de marque en Palestine ?

 

Plusieurs éléments illustrent les liens évidents, géographiques comme commerciaux qui confirment que, pour assurer une protection complète des droits de marques au Moyen-Orient, il est essentiel d’enregistrer les marques en Israël, mais également en Palestine. Pour la Palestine, il est nécessaire d’enregistrer les marques à la fois en Cisjordanie et à Gaza qui disposent de juridictions séparées en matière de droit des marques. Naturellement, les juridictions israéliennes et palestiniennes exigent un enregistrement séparé dans chaque territoire afin de protéger pleinement les droits de marques et de faire valoir les droits sur ceux-ci. Seulement, l’obtention d’une protection en Israël est loin de fournir une protection complète si la marque n’a pas été enregistrée en Palestine. L’inverse est également vrai.

 

Alors, quelles sont les raisons de déposer les marques aussi bien en Israël qu’en Palestine ?

 

Cela découle de la situation géographique entre Israël et la Palestine. La réalité économique est parlante: 80% des échanges extérieurs de la Palestine s’effectuent avec Israël.

Cette situation a nécessairement un impact sur la circulation de produits et services dans la région. Il est donc conseillé d’enregistrer les marques aussi bien en Israël qu’en Palestine lorsque l’on veut bien protéger sa marque au Moyen-Orient.

Ainsi, au regard des liens évidents qui lient les deux Etats, tant géographiques que commerciaux, il semble crucial de disposer d’enregistrements valides dans trois juridictions différentes, à savoir Israël, la Cisjordanie et la bande de Gaza afin d’obtenir des droits de marque dans la région et de s »assurer une protection complète.

 

POUR ALLER PLUS LOIN…

https://il.usembassy.gov/palestinian-affairs-unit/pau-business/economic-data-and-reports/

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