Douanes

Quel est le rôle central des douanes dans la lutte contre la contrefaçon en France ?

Introduction

Les douanes occupent une place centrale dans la lutte contre la contrefaçon parce qu’elles peuvent bloquer les marchandises avant leur mise sur le marché, contrôler les flux sur l’ensemble du territoire et contribuer à identifier les réseaux organisés de fabrication, d’acheminement et de distribution des produits contrefaits. En 2025, la Douane française a retiré du marché 20,22 millions d’articles contrefaits. Ce résultat confirme qu’une stratégie de marque efficace ne peut plus reposer uniquement sur la surveillance en ligne ou sur les actions judiciaires : elle doit aussi organiser une coopération opérationnelle avec les services douaniers.

Pour les titulaires de droits, le levier décisif est la demande d’intervention douanière. Gratuite et préventive, elle permet d’agir aux frontières de l’Union européenne, notamment dans les ports, les aéroports, les centres de fret et de tri postal, mais également sur le territoire national lors du transport, du stockage ou de la circulation des marchandises. Elle permet de transmettre aux agents les informations nécessaires pour reconnaître les produits authentiques, détecter les anomalies et contacter rapidement la bonne personne lorsqu’un envoi suspect est intercepté.

Pourquoi les douanes sont-elles au cœur de la lutte contre la contrefaçon ?

Un contrôle des marchandises à chaque étape du flux

La douane n’intervient pas seulement à la frontière. Elle contrôle les marchandises à l’importation, à l’exportation, pendant leur circulation ou leur détention, ainsi qu’après dédouanement, c’est-à-dire lorsque les marchandises ont déjà accompli les formalités douanières et ont été autorisées à entrer ou à circuler sur le territoire. Ports, aéroports, axes routiers, entrepôts, fret postal et express sont couverts par des services adaptés. La douane française s’appuie également sur le renseignement, les enquêtes spécialisées et cyberdouane pour relier les offres illicites en ligne aux flux physiques de marchandises.

Une articulation entre le droit européen et le droit français

Pour une présentation plus générale de l’organisation de la surveillance douanière, des pouvoirs de contrôle des agents et de la coopération entre les autorités nationales, européennes et internationales, nous vous invitons à consulter notre article : « Lutte contre la contrefaçon : l’organisation de la surveillance aux douanes ».

Comment activer efficacement la surveillance douanière ?

Déposer la bonne demande et la maintenir à jour

Pour permettre aux douanes de surveiller et de retenir des marchandises suspectes, le titulaire doit déposer une demande d’intervention. Celle-ci peut être nationale, pour une action en France, ou couvrir plusieurs États membres lorsque le droit invoqué le permet, par exemple pour une marque de l’Union européenne.

Une demande au niveau de l’Union permet de solliciter l’intervention des autorités douanières de plusieurs États membres, lorsque les droits invoqués permettent une telle extension territoriale, par exemple en présence d’une marque de l’Union européenne.

La demande est gratuite, valable un an et renouvelable. Les demandes européennes sont déposées sur le portail IPEP (IP Enforcement Portal) et nécessitent un numéro EORI, c’est-à-dire un numéro d’identification utilisé dans les échanges avec les administrations douanières de l’Union européenne. Ce dossier doit être précis et régulièrement actualisé, car il sert directement aux agents pour reconnaître les produits authentiques et identifier les contrefaçons.

Fournir des critères d’identification réellement exploitables

Un dossier performant doit notamment préciser :

  • les droits protégés, leurs titulaires et les produits couverts ;
  • les caractéristiques visibles des produits authentiques : étiquettes, numéros de série, codes de lot, emballages et dispositifs de sécurité ;
  • les indices de fraude déjà observés, les pays de provenance, les itinéraires et les opérateurs à risque ;
  • les circuits de distribution autorisés et les coordonnées de contacts juridiques et techniques immédiatement joignables ;
  • la position souhaitée sur la procédure applicable aux petits envois et à la destruction simplifiée.

Une demande contenant des informations trop générales ne permet pas aux agents des douanes d’identifier efficacement les marchandises suspectes. À l’inverse, des fiches produit illustrées, régulièrement actualisées et accompagnées d’un protocole de réponse interne permettent aux douaniers de distinguer rapidement une anomalie pertinente d’une simple variation commerciale.

Pour approfondir les modalités de dépôt d’une demande d’intervention, les droits concernés et les bonnes pratiques permettant de rendre la surveillance douanière pleinement opérationnelle, nous vous invitons à consulter notre article « La surveillance douanière en matière de propriété intellectuelle ».

Que se passe-t-il après la retenue de marchandises suspectes ?

Une fenêtre de réaction volontairement courte

Lorsqu’un colis ou un lot de marchandises paraît contrefaisant, les douanes peuvent en bloquer la circulation afin d’effectuer des vérifications.

Si le titulaire du droit a déjà déposé une demande d’intervention douanière, les marchandises peuvent être retenues pendant dix jours ouvrables, ou trois jours lorsqu’elles sont périssables. Ce délai permet au titulaire d’examiner les informations transmises par les douanes, de confirmer s’il s’agit de contrefaçons et de décider des suites à donner.

Si aucune demande n’a été déposée au préalable, les douanes peuvent néanmoins intervenir d’office et retenir les marchandises pendant quatre jours ouvrables. Le titulaire doit alors déposer rapidement une demande d’intervention pour permettre la poursuite de la procédure.

Ces délais étant très courts, l’entreprise doit pouvoir identifier rapidement les produits suspects, réunir les preuves de l’atteinte et décider s’il convient de demander leur destruction ou d’engager une action.

Expertise, destruction simplifiée ou action judiciaire

Le titulaire doit confirmer le caractère contrefaisant sur la base des photographies, informations ou échantillons communiqués. Si les conditions sont réunies et que le déclarant ou détenteur consent à la destruction, ou ne s’y oppose pas dans le délai applicable, les produits peuvent être détruits sous contrôle douanier. En cas de contestation, le titulaire doit préserver la retenue par les démarches judiciaires requises. Il faut distinguer la retenue, mesure temporaire destinée à vérifier l’atteinte, de la saisie douanière, qui sanctionne une infraction douanière constatée.

Pour approfondir la distinction entre retenue et saisie douanières, les délais applicables, la destruction simplifiée et les éventuelles suites judiciaires, nous vous invitons à consulter notre article « Saisie et retenue douanière : entre prévention et réaction ».

Comment intégrer les douanes à une stratégie anti-contrefaçon ?

Construire un processus interne avant la première alerte

Nous recommandons d’organiser un circuit de décision simple et documenté :

  • désigner un contact principal et un suppléant disponibles pendant les périodes sensibles ;
  • préparer des modèles d’expertise et des critères de reconnaissance par famille de produits ;
  • centraliser les titres, pouvoirs, certificats et preuves d’usage utiles ;
  • définir à l’avance les seuils de destruction, de transaction et d’action judiciaire ;
  • réinjecter les informations issues des retenues dans la surveillance des marketplaces, noms de domaine et réseaux sociaux.

Mesurer l’efficacité au-delà du nombre de saisies

Le nombre de produits interceptés ne permet pas, à lui seul, d’évaluer l’efficacité de la surveillance douanière. Il faut aussi examiner les informations recueillies lors de chaque retenue : l’origine des marchandises, les pays de transit, les modes de transport utilisés, les vendeurs concernés et les suites données au dossier.

Ces éléments permettent de repérer les circuits de contrefaçon, d’identifier les risques récurrents et de mieux cibler les prochaines actions.

Conclusion : transformer la surveillance douanière en avantage stratégique

Le rôle des douanes dans la lutte contre la contrefaçon en France dépasse l’interception ponctuelle de produits: il s’inscrit dans une stratégie de protection des actifs, de sécurité des consommateurs et de démantèlement des filières. Une demande d’intervention bien préparée, des contacts réactifs et une exploitation méthodique des alertes permettent d’agir avant que les marchandises n’atteignent le marché.

Le cabinet Dreyfus accompagne ses clients dans la gestion de dossiers de propriété intellectuelle complexes, en proposant des conseils personnalisés et un soutien opérationnel complet pour la protection intégrale de la propriété intellectuelle.

Dreyfus et Associés est en partenariat avec un réseau mondial d’avocats spécialisés en Propriété Intellectuelle.

FAQ

Quelle demande choisir entre la demande nationale et une demande au niveau de l’Union européenne ?

Le choix dépend du territoire sur lequel les marchandises sont susceptibles de circuler et de la portée des droits invoqués. Une demande nationale peut suffire lorsque le risque est concentré en France. Une demande au niveau de l’Union est plus adaptée lorsque les produits transitent par plusieurs États membres ou lorsque le titulaire dispose, par exemple, d’une marque de l’Union européenne.

Comment une entreprise doit-elle s’organiser lorsqu’elle reçoit une alerte des douanes ?

L’entreprise doit pouvoir identifier immédiatement la personne chargée du dossier, vérifier l’authenticité des produits et transmettre sa réponse dans le délai indiqué.

La procédure de destruction simplifiée est-elle adaptée à toutes les retenues ?

Cette procédure permet souvent d’obtenir la destruction des marchandises sans engager immédiatement une action judiciaire. Elle dépend toutefois du respect de plusieurs conditions, notamment de la position du déclarant ou du détenteur des produits. En cas d’opposition, de contestation sur l’authenticité ou d’enjeu important, une action judiciaire peut devenir nécessaire.

Les douanes peuvent-elles agir contre les contrefaçons envoyées dans de petits colis ?

Les envois postaux et express sont également contrôlés, y compris lorsqu’ils contiennent un nombre limité de produits. La multiplication des commandes en ligne a renforcé l’importance de ces contrôles. Une procédure particulière peut notamment s’appliquer aux petits envois lorsque le titulaire a accepté son utilisation dans sa demande d’intervention.

Les informations recueillies lors d’une retenue peuvent-elles servir dans d’autres actions ?

Les données relatives à l’expéditeur, au destinataire, au pays d’origine, au transporteur ou au mode d’acheminement peuvent aider à identifier des vendeurs récurrents ou des circuits de distribution. Elles peuvent ensuite être utilisées pour orienter une surveillance en ligne, préparer une nouvelle plainte ou renforcer une action civile, pénale ou douanière.

Cette publication a pour objet de fournir des orientations générales au public et de mettre en lumière certaines problématiques. Elle n’a pas vocation à s’appliquer à des situations particulières ni à constituer un conseil juridique.

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La surveillance douanière en matière de propriété intellectuelle

Dans l’économie mondialisée actuelle, la protection des droits de propriété intellectuelle est essentielle pour les entreprises cherchant à protéger leurs marques, leurs innovations et leurs œuvres créatives. Avec l’augmentation du flux de marchandises à travers les frontières, les contrefaçons et les atteintes aux marques, brevets et droits d’auteur représentent des risques significatifs pour les titulaires de droits légitimes. Les autorités douanières jouent un rôle clé dans l’application des droits de propriété intellectuelle en identifiant et en retenant les marchandises suspectées de contrefaçon avant leur mise sur le marché.

Cet article explore les mécanismes de la surveillance douanière, détaillant le fonctionnement de la rétention douanière, les cadres juridiques soutenant la protection de la propriété intellectuelle et les procédures de dépôt d’une demande d’intervention auprès des services douaniers. Comprendre ces processus permet aux entreprises d’améliorer leurs stratégies de lutte contre la contrefaçon et de protéger efficacement leurs actifs intellectuels.

I – Comprendre la rétention douanière

Qu’est-ce que la rétention douanière ? La rétention douanière est le processus par lequel les autorités douanières interceptent et retiennent des marchandises suspectées de porter atteinte aux droits de propriété intellectuelle à la frontière d’un pays. Ce processus empêche l’importation, l’exportation ou le transit de marchandises contrefaites, réduisant ainsi les dommages financiers et réputationnels pour les titulaires de droits et garantissant la sécurité des consommateurs.

Les autorités douanières peuvent retenir des marchandises d’office (de leur propre initiative) ou à la demande d’un titulaire de droits ayant déposé une demande d’intervention (DI). Une fois retenues, le titulaire de droits est informé et a la possibilité d’examiner les marchandises et de fournir des preuves de l’atteinte à ses droits.

Base légale de la rétention douanière

Dans l’Union européenne, la rétention douanière est régie par le Règlement (UE) n° 608/2013, qui définit les procédures que les autorités douanières doivent suivre lors de la saisie de marchandises contrefaites ou piratées.

Principales dispositions :

  • Les autorités douanières peuvent intervenir lorsqu’elles soupçonnent une atteinte à un droit de propriété intellectuelle tel qu’une marque, un brevet, un droit d’auteur, les topographies de produits semi-conducteurs, les modèles d’utilité, les certificats complémentaires de protection pour les médicaments et les produits phytopharmaceutiques, les nouvelles variétés végétales, les appellations d’origine et les indications géographiques.
  • Les marchandises peuvent être retenues jusqu’à 10 jours ouvrables (prolongeables de 10 jours supplémentaires dans certains cas) pendant que les titulaires de droits évaluent l’infraction.
  • Si le titulaire de droits confirme que les marchandises sont contrefaites, une action en justice peut être engagée, incluant la destruction des marchandises.

Au-delà de l’UE, des réglementations similaires existent dans de nombreuses juridictions, comme les mécanismes d’application des douanes américaines sous le Trade Facilitation and Trade Enforcement Act (TFTEA).

II – La protection des droits de propriété intellectuelle par les autorités douanières

Cadre juridique

L’application des droits de propriété intellectuelle aux frontières est un effort international soutenu par plusieurs instruments juridiques, notamment :

Champ de protection

Les autorités douanières ont le pouvoir d’intervenir contre divers types d’atteintes aux DPI, notamment :

  1. Infractions aux marques (ex. : contrefaçons de sacs de luxe).
  2. Infractions aux brevets (ex. : importation de médicaments brevetés sans autorisation).
  3. Infractions aux dessins et modèles (ex. : copie de mobilier de designer sans autorisation).

III – Déposer une demande d’intervention auprès des services douaniers

Éligibilité et exigences

Les titulaires de droits (entreprises, associations professionnelles, individus) peuvent déposer une demande d’intervention pour demander aux douanes de surveiller et d’intercepter les marchandises portant atteinte à leurs droits.

Une demande d’intervention doit inclure :

  • Preuve de propriété : Certificats de marques ou brevets.
  • Spécifications techniques : Caractéristiques distinctives des produits authentiques.
  • Atteintes connues : Historique des contrefaçons signalées.
  • Coordonnées des représentants : Disponibles pour assister les douanes.

Procédure de dépôt

  1. Obtenir un numéro EORI (obligatoire pour toutes les transactions douanières).
  2. Remplir le formulaire de demande d’intervention (disponible sur les portails nationaux des douanes).
  3. Soumettre la demande en ligne via le portail IPEP.
  4. Examen et validation par les autorités douanières.

IV – Bonnes pratiques pour renforcer la surveillance douanière

Afin de maximiser l’efficacité des interventions douanières, les titulaires de droits doivent adopter plusieurs bonnes pratiques :

  • Effectuer des audits réguliers de la propriété intellectuelle : Assurez-vous que tous les brevets et marques sont à jour et bien protégés.
  • Former les agents des douanes : Fournissez des guides et des images permettant d’identifier les contrefaçons plus facilement.
  • Surveiller les chaînes d’approvisionnement : Collaborez avec les services douaniers pour identifier les envois à risque élevé.
  • Utiliser la technologie : Adoptez des outils de suivi basés sur la blockchain et l’intelligence artificielle pour renforcer l’application des DPI.

Conclusion

La surveillance douanière est un outil essentiel pour lutter contre la contrefaçon et protéger les droits de propriété intellectuelle. En déposant une demande d’intervention, les entreprises peuvent tirer parti des douanes pour empêcher l’importation et l’exportation de marchandises contrefaites, préservant ainsi leur image de marque et leurs innovations.

Chez Dreyfus & Associés, nos experts en propriété intellectuelle accompagnent les entreprises dans l’ensemble des démarches liées à la surveillance douanière, du dépôt de demande d’intervention à l’exécution des actions contre les contrefacteurs.

Le cabinet Dreyfus et Associés est en partenariat avec un réseau mondial d’avocats spécialisés en Propriété Intellectuelle.

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FAQ

1 – Quelles sont les 3 grandes missions de la douane ?

La douane a trois missions principales : • Une mission fiscale : Elle perçoit et contrôle les droits de douane, la TVA à l’importation et les accises, contribuant ainsi au budget de l’État et de l’Union européenne. • Une mission économique : Elle facilite et sécurise les échanges commerciaux en appliquant la réglementation en matière d’importation et d’exportation, tout en veillant à la compétitivité des entreprises. • Une mission de protection : Elle lutte contre la fraude, protège les consommateurs et assure la sécurité du territoire en contrôlant les marchandises dangereuses, prohibées ou contrefaites.

2 – Comment protéger les droits de propriété intellectuelle ?

La protection des droits de propriété intellectuelle repose sur plusieurs étapes : • Enregistrement des droits : Déposer une marque, un brevet, un dessin ou modèle auprès des offices compétents (INPI, EUIPO, OMPI) permet d’obtenir des droits exclusifs sur une création. • Surveillance du marché : Mettre en place des stratégies de veille et surveiller les contrefaçons en ligne et hors ligne. • Action douanière : Déposer une demande d’intervention auprès des douanes pour leur permettre d’intercepter des marchandises suspectées d’être contrefaites. • Actions judiciaires : En cas d’atteinte aux droits, il est possible d’engager des actions en justice, comme des saisies-contrefaçon, des procédures civiles ou pénales.

3 – Quels outils sont mis à disposition pour protéger la propriété intellectuelle ?

Plusieurs outils permettent de renforcer la protection des droits de propriété intellectuelle : • La demande d’intervention douanière (AFA – Action en Faveur des Ayants droit) : Une procédure qui permet aux titulaires de droits d’alerter la douane sur les produits suspects et de faciliter la saisie des contrefaçons. • Les plateformes de surveillance en ligne : Certains outils permettent d’identifier les produits contrefaits sur les marketplaces et réseaux sociaux. • Les actions de formation et de sensibilisation : Les titulaires de droits peuvent collaborer avec les douanes pour former les agents au repérage des contrefaçons. • La coopération avec les autorités : Des accords existent entre les titulaires de droits, les douanes et les forces de l’ordre pour mieux lutter contre la fraude.

4 – Quel est le rôle de la douane dans la lutte contre la contrefaçon ?

La douane joue un rôle clé dans la lutte contre la contrefaçon en appliquant des contrôles aux frontières et en interceptant les produits illicites : • Contrôle des marchandises : Les douaniers vérifient les importations et exportations en identifiant les produits suspects. • Saisies de contrefaçons : Lorsqu’une contrefaçon est détectée, la douane peut procéder à la saisie et à la destruction des marchandises illicites. • Collaboration avec les titulaires de droits : Les entreprises et les titulaires de marques peuvent signaler les produits contrefaits aux douanes via la procédure d’intervention douanière. • Actions de sensibilisation : La douane mène régulièrement des campagnes d’information pour sensibiliser les consommateurs et les entreprises aux dangers des produits contrefaits. La douane est donc un acteur essentiel dans la protection des droits de propriété intellectuelle, en collaborant avec les entreprises et les autorités compétentes pour sécuriser le marché et lutter contre la fraude.

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Rétrospective 2024 : Propriété intellectuelle et innovation au cabinet Dreyfus

L’année 2024 a marqué une période riche en évolutions législatives, en innovations stratégiques, et en initiatives significatives pour le cabinet Dreyfus, spécialisé en propriété intellectuelle. Cette rétrospective met en lumière les moments forts, les analyses approfondies, et les outils développés pour accompagner les entreprises dans un monde juridique en perpétuel mouvement.

Articles phares et évolutions législatives

Le cabinet a analysé plusieurs évolutions majeures en 2024, parmi lesquelles :

  1. Nouvelles mesures européennes pour des emballages durables : Adoptées par le Parlement européen, ces mesures visent à réduire les déchets d’emballages et à promouvoir des alternatives écologiques. Des recommandations pratiques ont été proposées pour aider les entreprises à se conformer à ces nouvelles exigences.
  2. Modernisation du régime des dessins et modèles : Le « Paquet Dessins et Modèles », qui entrera en vigueur le 1er mai 2025, apporte des ajustements significatifs pour renforcer la protection des créations au sein de l’Union européenne. Les articles du cabinet ont expliqué ces changements et leur impact pour les entreprises créatives.
  3. Surveillance des marques sur les réseaux sociaux : Un sujet crucial à l’ère numérique. Le cabinet a exploré des stratégies avancées pour contrer les atteintes à la propriété intellectuelle en ligne et a introduit de nouveaux services pour surveiller les noms de domaine et l’image de marque des sociétés.

Services et outils modernisés

Pour répondre aux besoins croissants des clients, le cabinet a étendu ses services en matière de :

  1. Surveillance de vos marques, noms de domaines, réseaux sociaux et dessins & modèles : Une vigilance renforcée pour protéger vos actifs immatériels dans un environnement de plus en plus complexe.
  2. Accompagnement personnalisé : Le cabinet a développé des solutions sur mesure pour les startups et les entreprises émergentes, fournissant des outils adaptés à leurs ressources limitées.

Événements et internationalisation

Le cabinet a participé activement à des conférences internationales et a organisé des webinaires sur des thématiques variées, consolidant son rôle de leader dans le domaine de la propriété intellectuelle.

Perspectives pour 2025

Pour 2025, le cabinet prévoit de poursuivre son exploration des nouvelles technologies, d’introduire des formations adaptées aux besoins spécifiques des clients, et de renforcer ses collaborations internationales.

Nous souhaitons à tous nos clients, partenaires, et collaborateurs une excellente année 2025, pleine de succès et de sérénité. Que cette nouvelle année soit marquée par des réalisations positives et une paix durable dans le monde.

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CJUE : L’allègement de la charge de la preuve sur la portée territoriale de l’usage d’une marque

La CJUE a rendu une décision cruciale dans sa récente affaire Intassur le maintien des droits de propriété intellectuelle. Selon la Cour, il n’est pas impératif qu’une marque communautaire soit utilisée dans une partie substantielle de l’Union Européenne (UE) et son usage dans un seul État membre pourrait prouver son usage sérieux.

Dans l’affaire portée devant la CJUE pour la décision susmentionnée, le demandeur a déposé une demande de marque devant l’EUIPO, pour le signe « INTAS » et visant des produits en classes 5 et 10.

Par la suite, la partie en défense a formé opposition contre cette demande de marque en invoquant la similitude de celle-ci avec deux de leurs marques antérieures, comprenant la signe « INDAS » qui couvrent des produits dans ces mêmes classes.

Le demandeur a réclamé une preuve de l’usage de ces marques antérieures, ce que la défense a dûment rapporté. Sur cette base, l’opposition formée a été accueillie par l’EUIPO. Le demandeur a alors formé un recours auprès de l’EUIPO qui a été rejeté. Finalement, l’affaire a été portée devant la CJUE.

 

  • L’étendue territoriale de la notion d’usage sérieux

 

La CJUE a examiné la question de savoir si la preuve de l’usage d’une marque communautaire, dans un État membre, était suffisante pour démontrer son usage sérieux, conformément à l’article 47, paragraphe 2, du Règlement sur les marques communautaires.

Il est intéressant de noter que la CJUE a rejetél’argument selon lequel l’étendue territoriale de l’usage d’une marque communautaire ne peut être limitéeau territoire d’un seul État membre. La Cour a également rejeté l’argument selon lequel l’usage sérieux d’une marque communautaire nécessite que la marque soit utilisée dans une partie substantielle de l’UE.

Cependant, la CJUE admet toujours qu’il est raisonnable qu’une marque communautaire soit utilisée dans un territoire plus vaste que celui d’un État membre, afin de prouver son usage sérieux. Toutefois, la Cour souligne qu’il n’est pas toujours impératifque la marque soit utilisée dans une étendue géographique extensive, car l’usage sérieux est apprécié de manière globale. Cet usage sérieux dépend de toutes les caractéristiques des produits ou services concernés, et pas seulement de la portée géographique de l’usage.

La CJUE accepte que, dans certains cas, le marché des produits ou services couverts par une marque communautaire puisse être limité au territoire d’un seul État membre. Dans ce cas, la preuve d’un usage sérieux de la marque communautaire dans cet État peut satisfaire aux conditions d’un usage sérieux.

 

 

  • Évaluation de l’usage sérieux

La CJUE considère qu’il est impossible de déterminer, a priori, l’étendue territoriale requise afin d’évaluer si l’usage d’une marque communautaire est sérieux ou non. En revanche, une marque est présumée être utilisée de façon sérieuselorsqu’elle est utilisée conformément à :

– sa fonction essentielle de garantir l’origine des produits ou services concernés ;

– et dans le but de maintenir ou de créer des parts de marchédans l’UE.

 

Lors de l’évaluation de l’usage sérieux, les facteurs suivants doivent être pris en compte : les caractéristiques du marché en cause, la nature des produits ou des services protégés par la marque, l’étendue territoriale et quantitative, la fréquence et la régularité de l’usage.

 

 

  • Influence de la Décision

Il s’agit d’une interprétation importante de la CJUE concernant la charge de la preuve lorsqu’il s’agit de démontrer l’usage sérieux d’une marque communautaire. La Cour indique clairement que la portée territoriale n’est qu’un des nombreux facteurs à prendre en considération pour évaluer si la marque fait l’objet d’un usage sérieux ou non.

Cela ne signifie pas que l’étendue territoriale de l’usage de la marque n’a aucune importance. Toutefois, la CJUE affirme que l’étendue géographique de l’usage de la marque n’est pas le seul facteur à prendre en compte. Cette appréciation dépend de tous les faits et circonstances pertinents pour déterminer si l’usage commercial de la marque crée ou maintient des parts de marchépour les produits ou services concernés.

 

 

Par conséquent, la CJUE affirme que l’appréciation du caractère sérieux de l’usage d’une marque fait l’objet d’une appréciation globale. La portée territoriale de l’usage n’est qu’un facteur de cette appréciation, en outre des autres facteurs mentionnés dans cet article. Cette interprétation entraînera certainement des changements dans la vision stricte selon laquelle l’usage sérieuxd’une marque communautaire ne peut être prouvé en démontrant son utilisation dans un seul État membre. Cela devrait alléger la charge de la preuve pour les titulaires de marques.

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Nouveau plan d’actions des douanes de l’UE pour lutter contre les droits de la DPI.

Le 24 septembre 2018, le Conseil de l’Union européenne a rendu un projet de conclusions sur le plan d’action des douanes de l’Union européenne pour lutter contre la violation des droits de la propriété intellectuelle (DPI) sur la période allant de 2018 à 2022.

Tout d’abord, le Conseil procède à une évaluation de l’action sur la période de 2013 à 2017. L’on relève qu’entre 2013 et 2017, le nombre d’interventions accordées par les administrations douanières a connu une augmentation de près de 50% (26 865 interventions en 2013 contre 34 931 en 2017). Pour avoir une idée plus concise du volume de violations sur la période, l’on peut noter que 41 millions de produits ont été saisis en 2016 et que le nombre de produits contrefaits et piratés représente « jusqu’à 5% des importations, soit 85 milliards d’euros ». Le Conseil précise que « le trafic de marchandise (…) reste (…) un phénomène très répandu et sans cesse croissant« .

Le Conseil indique qu’il adoptera au printemps 2019 une feuille de route déterminant les actions à entreprendre jusqu’à 2022 pour endiguer le plus efficacement possibles les atteintes aux DPI. Cette feuille de route sera élaborée en collaboration avec des experts des Etats membres.

Les grandes lignes du plan d’action du Conseils sont les suivantes :

  1. Garantir l’efficacité des mesures douanières visant à assurer le respect des DPI dans l’ensemble de l’Union. Certaines des mesures prévues permettront d’assister les titulaires de droit dans la mise en oeuvre de la défense de leurs droits (mises à jour du manuel relatif aux demandes d’intervention, par exemple). D’autres ont plutôt une portée sensibilisatrice (publication des statistiques).
  2. S’attaquer aux principales tendances du commerce de marchandises violant les DPI, notamment via l’échange de bonnes pratiques entre autorités douanières. En effet, les Etats membres ne rencontrent pas nécessairement des problèmes identiques, ou du moins ne constatent pas forcément les mêmes tendances. C’est pourquoi il est essentiel de garantir au mieux la communication entre les intervenants.
  3. Lutter contre le commerce de marchandises violant les DPI tout au long de la chaîne d’approvisionnement internationale. L’idée est de pouvoir travailler étroitement avec les pays tiers, tels que la Chine, souvent impliquée dans l’approvisionnement de produits vers l’Union européenne.
  4. Renforcer la coopération avec l’Observatoire européen des atteintes aux droits de la propriété intellectuelle et avec les autorités répressives. A titre d’exemple, le Conseil suggère des formations spécialisées pour assurer le contrôle du respect des DPI.

Rendez-vous donc au printemps 2019 pour voir comment ces objectifs théoriques sont traduits dans un plan d’action concret, divisé étape par étape.

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